Le Kazakhstan recherche des investissements étrangers de l'UE pour une production domestique à valeur ajoutée

Le Kazakhstan, un pays aux vastes ressources naturelles et aux objectifs de croissance ambitieux, se positionne pour concrétiser son intention de doubler la valeur de son économie à 450 milliards de dollars d'ici 2029 et appelle l'UE à investir dans une nouvelle production à valeur ajoutée dans son pays.

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This article is part of our special report "Les relations UE-Kazakhstan : une évolution stratégique et économique vers un rôle régional et mondial"
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Traditionnellement dépendant du pétrole, du gaz et de l'exploitation minière, le Kazakhstan s'est engagé à diversifier son économie. [Shutterstock / IM Imagery]

Le Kazakhstan, un pays aux vastes ressources naturelles et aux objectifs de croissance ambitieux, se positionne pour concrétiser son intention de doubler la valeur de son économie à 450 milliards de dollars d’ici 2029 et appelle l’Union européenne (UE) à investir dans une nouvelle production à valeur ajoutée dans son pays. 

Traditionnellement dépendant du pétrole, du gaz et de l’exploitation minière, le Kazakhstan s’attache désormais à diversifier son économie. « Nous sommes sur la bonne voie pour diversifier notre économie dépendante des ressources naturelles en développant des industries qui ne reposent pas sur ces ressources », a déclaré Nazira Nurbayeva, ancienne vice-ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan, a déclaré à Euractiv.

Le pays regarde désormais en direction de la production de biens et de services de grande valeur, l’attraction de capitaux vers des projets innovants et la promotion d’une croissance économique durable. 

« Les secteurs de la chimie, de la fabrication industrielle, de la transformation alimentaire, du tourisme et des énergies alternatives présentent un potentiel important », a affirmé Nazira Nurbayeva, ajoutant que « des industries de pointe comme la production d’hydrogène vert, la transformation avancée des éléments de terres rares, le secteur des technologies de l’information et de la fintech suscitent l’intérêt des investisseurs, [tout en] répondant à notre enthousiasme pour ces secteurs ». 

De nouveaux investissements dans la production à valeur ajoutée devraient déclencher un transfert de technologie, améliorant la productivité dans tous les secteurs. 

Développement du capital humain et innovation 

Les investissements directs étrangers (IDE) vont au-delà de la croissance économique, contribuant de manière importante au développement du capital humain du Kazakhstan. En créant des emplois et en diffusant les meilleures pratiques de gestion, les IDE assurent une mise à l’échelle généralisée de la main-d’œuvre. 

Les petites et moyennes entreprises (PME) bénéficient des externalités positives des IDE, qui génèrent bien-être économique général et croissance. 

Par ailleurs, les IDE favorisent un environnement concurrentiel qui stimule l’innovation, améliorant la résilience et la compétitivité de l’économie kazakhe. 

Avancées du secteur de la fabrication 

Les mesures politiques proactives du Kazakhstan produisent des résultats tangibles, en particulier dans le secteur de la fabrication. Les IDE dans ce secteur sont passés de 14 % en 2019 à 23 % en 2023. Les investissements à noter vont de la production de véhicules et d’équipements aux produits alimentaires et à l’industrie chimique. 

Cependant, il reste un potentiel inexploité dans de nombreux nouveaux domaines, notamment la transformation profonde des céréales, des minerais, du pétrole et du gaz, du charbon et d’autres ressources naturelles et produits agricoles. L’ancienne vice-ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan souligne la nécessité d’explorer ces avenues inexploitées. 

Politique étrangère équilibrée et diversification 

La politique étrangère équilibrée du Kazakhstan cherche à diversifier les sources d’investissement, en limitant sa dépendance excessive envers une seule région. Malgré les tensions géopolitiques mondiales, le pays maintient une solide coopération économique internationale. 

L’année dernière, le chiffre d’affaires commercial a connu une hausse de 3,5 % pour atteindre 41,4 milliards de dollars, les exportations kazakhes totalisant 31 milliards de dollars. Rien qu’en 2023, les investissements de l’UE se sont élevés à 10,4 milliards de dollars, contribuant aux investissements cumulés qui ont régulièrement augmenté au fil des ans. 

Aujourd’hui, plus de 3 000 entreprises européennes prospèrent dans le paysage commercial dynamique du Kazakhstan. 

Collaboration de l’UE : transport, énergie et sécurité alimentaire 

Nazira Nurbayeva a mis en avant pour Euractiv trois domaines prometteurs de collaboration entre l’UE et le Kazakhstan, à savoir la connectivité des transports, comprenant le développement du corridor du milieu, la transition énergétique, dont l’énergie verte et les minerais critiques, et la sécurité alimentaire. 

La situation géographique stratégique du Kazakhstan ouvre des opportunités intéressantes dans les domaines du transport et de la logistique. Le corridor du milieu, qui passe par le Kazakhstan, devient un itinéraire alternatif fondamental, assurant une livraison ininterrompue et rapide des marchandises entre l’Asie et l’Europe. 

Le Kazakhstan souhaite relier la route de transport international transcaspienne aux réseaux de transport transeuropéens. 

Ella a par ailleurs souligné leur engagement : « nous travaillons à réduire le temps de transit de 16 à 20 jours actuellement, à 10 jours. Au cours des 15 dernières années, nous avons investi plus de 35 milliards de dollars dans les infrastructures de transit, et avec le partenariat de l’UE, nous nous efforçons d’aller plus loin dans le développement du corridor du milieu pour assurer une connectivité fiable et sûre entre l’Asie et l’Europe. » 

Transition vers l’énergie verte 

Le Kazakhstan ne cesse de progresser en direction de la concrétisation de son engagement à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. « Nous envisageons une percée d’ici 2030 en augmentant la part des sources d’énergie renouvelables dans le bilan énergétique de 4 % à l’heure actuelle à 15 % », souligne Nazira Nurbayeva.

Les estimations de l’ONU révèlent un immense potentiel : la capacité d’énergie éolienne au Kazakhstan atteint 1,8 billion de kWh par an. Par ailleurs, le pays bénéficie de 3 000 heures de soleil par an, en particulier dans le Sud, où le rayonnement solaire atteint 1 300 à 1 800 kWh par mètre carré. 

Des acteurs internationaux, dont l’italien ENI, le français Total Energy, l’allemand Svevind, le chinois China Power, l’émirati Masdar et le saoudien ACWA Power, expriment un vif intérêt pour le développement de sources d’énergie renouvelables au Kazakhstan. 

Échange de matières premières pour la technologie 

Le Kazakhstan est un leader mondial des ressources minérales, le plus grand exportateur d’uranium et se classe parmi les dix premiers dans la production de cuivre. Kazakh Titanium, fournisseur de Boeing et d’Airbus, couvre 11 % du marché mondial. Les secteurs minier et métallurgique représentent environ 20 % des exportations nationales. 

Pour soutenir la transition verte, le Kazakhstan cherche à se spécialiser dans les industries intermédiaires au sein de la chaîne de production. « Nous cherchons à collaborer sur une base de « matières premières en échange de technologie », en nous intégrant dans la chaîne de valeur mondiale », indique Nazira Nurbayeva au sujet des partenaires potentiels.

Au-delà de la technologie et de l’exploitation minière, les vastes terres du Kazakhstan (200 millions d’hectares) recèlent un immense potentiel pour la sécurité alimentaire grâce à la culture et aux pâturages. Nazira Nurbayeva espère que la collaboration redynamisée entre l’UE et le Kazakhstan est non seulement stratégique mais aussi transformatrice, capable de tirer parti des transports, de l’énergie durable et de l’échange de ressources tout en traçant la voie vers la prospérité et la résilience sur la scène mondiale pour le Kazakhstan.