Le Kazakhstan se prépare à accueillir les Jeux mondiaux nomades avec des participants européens

Avant la cinquième édition des Jeux mondiaux nomades, qui se dérouleront à Astana du 8 au 13 septembre, Euractiv s'est entretenu avec Nail Nurov, chef de la direction des Jeux. Les Jeux du Jubilé promettent un cocktail unique de sport, de culture et de compétition mondiale.

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This article is part of our special report "Les relations UE-Kazakhstan : une évolution stratégique et économique vers un rôle régional et mondial"
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Alors que le concept original mettait à l'honneur les pays historiquement ethniques et nomades, les Jeux célèbrent aujourd'hui un large éventail de cultures.  [Shutterstock / Collab Media]

Avant la cinquième édition des Jeux mondiaux nomades, qui se dérouleront à Astana du 8 au 13 septembre, Euractiv s’est entretenu avec Nail Nurov, chef de la direction des Jeux. Les Jeux du Jubilé promettent un cocktail unique de sport, de culture et de compétition mondiale. 

Euractiv : Quels sont les temps forts des Jeux mondiaux nomades de cette année ?

N. Nurov : Les cinquièmes Jeux mondiaux nomades, que l’on appelle également les Jeux du jubilé, se dérouleront du 8 au 13 septembre. Au-delà du sport, ces Jeux proposent des compétitions scientifiques et un riche programme culturel.

Les Jeux ont un attrait mondial. Organisés pour la première fois en 2014 au Kirghizistan, les trois premières éditions ont attiré 18 pays participants, principalement des pays d’Asie centrale. 

Mais la troisième édition a vu la participation exploser. Soixante pays, dont près de la moitié venus d’Europe, se sont joints à l’événement. 

Alors que le concept original mettait à l’honneur les pays historiquement ethniques et nomades, les Jeux célèbrent aujourd’hui un large éventail de cultures. 

Euractiv : Qu’est-ce qui a été à l’origine de cette hausse du nombre de pays participants aux Jeux mondiaux nomades ?

N. Nurov : La communauté sportive mondiale a reconnu que le système olympique traditionnel rencontrait des difficultés importantes. Deux facteurs principaux contribuent à cette crise : les scandales généralisés de dopage et la politisation croissante du sport. Ces problèmes ont créé des tensions dans le monde du sport.

En réaction, les gens se rendent compte de l’importance d’adopter des sports ethniques et historiques. Ces disciplines relient les individus à leur patrimoine culturel. 

Les Jeux mondiaux nomades capitalisent sur cette tendance en incluant une grande variété de sports qui trouvent un écho universel : des arts martiaux à la lutte, au tir à l’arc et aux événements équestres, ces jeux sont accessibles à tous, partout dans le monde. 

Les organisateurs des Jeux mondiaux nomades ont bâti leurs fondations sur les sports historiques et ethniques. Ils ont combiné cette approche en comprenant que les gens du monde entier recherchent des expériences sportives alternatives. 

Ainsi, en septembre, le public peut assister à des jeux qui suscitent un plus grand intérêt à travers le monde. 

De manière impressionnante, 88 pays, dont l’Autriche, l’Arménie, la Biélorussie, la Bulgarie, la Hongrie, l’Allemagne, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Moldavie, les Pays-Bas, la Russie, la Roumanie, la Serbie, la Slovaquie, l’Ukraine, la Finlande, la France, la Tchéquie et l’Estonie, ont accepté l’invitation à participer à ces sports divers et inclusifs. 

Euractiv : Pourquoi les Jeux mondiaux nomades se déroulent-ils au Kazakhstan cette année ?

N. Nurov : Les Jeux mondiaux nomades de cette année marquent un tournant significatif. Contrairement aux éditions précédentes qui se déroulaient en zone rurale, nous avons cette fois-ci choisi la capitale du Kazakhstan. Il y a de bonnes raisons derrière cette décision.

D’une part, le Kazakhstan est un pays qui se développe rapidement et qui dispose de technologies et d’infrastructures de pointe. En accueillant les Jeux ici, nous démontrons que tradition et progrès peuvent coexister harmonieusement. 

Mais ce n’est pas seulement une question de modernité : le Kazakhstan reste profondément ancré dans son histoire et sa culture. Les habitants du pays chérissent sérieusement leur patrimoine, ce qui en fait un cadre idéal pour célébrer les sports nomades. 

La juxtaposition d’une nation avant-gardiste et d’une population culturellement consciente, c’est ce qui rend ces Jeux à part. 

Nous voulons transmettre au monde que les Jeux mondiaux nomades s’épanouissent dans un environnement moderne mais culturellement riche. 

Euractiv : Accueillir les Jeux mondiaux nomades a-t-il des retombées commerciales ou sur les relations entre les pays ?

N. Nurov : Certainement, oui. D’un point de vue commercial, les Jeux mondiaux nomades ont des effets principalement sur le tourisme. Ces jeux attirent des touristes à la démographie unique, qui recherchent des expériences allant au-delà des vacances traditionnelles en bord de mer. Ce qui les attire, c’est de pouvoir explorer des cultures différentes et participer à des sports plus extrêmes.

Bien que les organisateurs ne considèrent pas explicitement les Jeux mondiaux nomades comme une plateforme commerciale mondiale, ils deviennent inévitablement un énorme lieu de communication entre les personnes. 

Avec des représentants de 88 pays, les gens noueront des relations, et ces interactions peuvent conduire à la création de liens commerciaux, bien qu’indirectement. Mais le principal intérêt reste la célébration de la diversité culturelle, du patrimoine ethnique et des événements sportifs. 

Pour les investisseurs qui songent à trouver des opportunités au Kazakhstan, la sécurité est primordiale. Les participants aux Jeux verront de leurs propres yeux que le Kazakhstan est à la fois moderne et sûr. 

Par ailleurs, plus de 1 000 bénévoles, représentant la prochaine génération, sont multilingues, cultivés et modernes. Leur présence montre que le Kazakhstan est prêt à investir et qu’il dispose d’infrastructures essentielles comme les transports et les services Internet. 

Euractiv : Les gouvernements montrent-ils de l’intérêt pour les Jeux mondiaux nomades ?

N. Nurov : Tous les chefs d’État d’Asie centrale assistent aux Jeux. Le Premier ministre de Hongrie, le président de Mongolie et d’autres représentants de divers pays sont attendus. Ils détermineront le lieu des prochains Jeux mondiaux nomades.

Avec plus de 20 000 voyageurs de la région européenne, entre visiteurs et participants, attendus, nous sommes axés sur les invités réguliers, les athlètes et les touristes. 

Notre objectif principal est de favoriser la diplomatie publique et de faire en sorte que les gens nouent des liens. Les fondations des Jeux mondiaux nomades reposent sur leur nature apolitique.