Le Maire et Besson veulent renforcer la compétitivité du secteur agroalimentaire

Les deux ministres créent un comité stratégique dédié à l’agroalimentaire. Il doit permettre de redorer le blason d’un secteur souffrant d’un manque d’unité et de compétitivité.

EURACTIV.fr

Les deux ministres créent un comité stratégique dédié à l’agroalimentaire. Il doit permettre de redorer le blason d’un secteur souffrant d’un manque d’unité et de compétitivité.

L’absence de stratégie commune dans la filière de l’agroalimentaire entrave le bon développement du secteur et le rend moins compétitif, indiquent les conclusions des États généraux de l’industrie. Afin de redynamiser l’activité, un comité stratégique des industries agroalimentaires et de l’agro-industrie a été officiellement créé le 23 novembre. 

Inauguré par les ministres de l’Agriculture Bruno Le Maire et de l’Industrie Eric Besson, il a pour objectif de définir une feuille de route et de proposer des actions pour augmenter l’attractivité et la compétitivité des filières agroalimentaire et agro-industrielle. 

Le groupe devra « se saisir des problèmes spécifiques à la filière » mis en lumière lors précédentes réunions nationales tels que les États généraux de l’industrie ou par les différents travaux menés au niveau européen. Des sujets déjà traités par d’autres organismes pourraient aussi être présentés au comité, précise le document du ministère.

Organisation et plan de travail

Ce comité comprend au total 40 membres : représentants de groupes industriels, du commerce et de la distribution, des producteurs agricoles, des syndicats (représentants des salariés) et des organismes publics.

Le président de l’association nationale des Industries alimentaire (ANIA), nommé vice-président du comité, Jean-René Buisson, a présenté les grands axes de recherche. Le groupe travaillera à l’amélioration de l’image du secteur ainsi qu’à l’approfondissement des relations entre les acteurs de la filière. Ce volet englobe autant la lutte contre la volatilité des prix que la mise en place de stratégie commune entre les différents acteurs du secteur.

L’accent sera aussi mis sur les actions à développer pour soutenir l’exportation des entreprises de la filière, notamment des PME. Le comité souhaite aussi répondre aux enjeux environnementaux et s’inscrire dans une logique de développement durable.

Les rapports produits seront ensuite examinés par la conférence nationale de l’industrie (CNI).

POSITIONS

Pour Bruno Le Maire et Eric Besson, ce comité doit permettre de recréer un dialogue entre les différents acteurs de la filière. Les deux ministres ont aussi mis l’accent sur l’importance du soutien à la recherche et développement afin de constituer des pôles de compétitivité dans ce secteur.

L’organisation professionnelle unitaire de la coopération agricole (Coop de France), membre du comité, se félicite de la création de ce groupe de travail. « Nous sommes très heureux de la création du comité, a déclaré le directeur général Yves Le Morvand. On sort des formats traditionnels de contact », a-t-il ajouté. Selon lui le comité stratégique est un moyen pour les entreprises de d’échanger leurs idées et de les partager avec les pouvoirs publics.

La position de la Confédération paysanne est moins optimiste. « Ce comité rassemble des personnes de milieu et d’influence si différents que nous ne sommes pas persuadés de son efficacité », a annoncé la secrétaire générale, Véronique Villain. Selon elle, ce comité aurait plus grand intérêt à travailler à l’échelle européenne, afin de valoriser la filière agroalimentaire et d’harmoniser les conditions de travail pour éviter une mise en concurrence entre les États membres.