Le ministre allemand de la Défense relativise un éventuel échec du projet SCAF
Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a relativisé mercredi 11 février les conséquences d’un possible abandon du projet franco-allemand d’avion de combat de nouvelle génération, estimant qu’un tel scénario ne serait pas catastrophique.
Les tensions persistantes entre les partenaires industriels français et allemands alimentent depuis plusieurs mois les doutes quant à l’avenir du programme, évalué à environ 100 milliards d’euros.
Si le projet prend fin, « ce ne sera pas la fin du monde, et l’amitié franco-allemande continuera d’exister », a déclaré mercredi Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense, à la chaîne publique ZDF.
Le ministre a également rejeté l’idée qu’un abandon du programme compromettrait l’architecture globale de la défense européenne, soulignant que d’autres solutions existent pour développer des capacités aériennes avancées.
Les trois pays partenaires du projet de système de combat aérien du futur (SCAF) — la France, l’Allemagne et l’Espagne — avaient pour objectif de trouver un moyen de sortir de l’impasse avant la fin de l’année dernière, mais ils ont finalement reporté la décision sine die en raison de désaccords persistants.
Boris Pistorius a expliqué que lui et ses collègues avaient « tout essayé ». « La balle est désormais dans le camp des chefs de gouvernement, qui discutent encore des mesures à prendre pour sauver le projet », a-t-il ajouté.
Le gouvernement allemand est désormais déterminé à mettre fin à la discussion, le chancelier Friedrich Merz et les porte-parole du gouvernement répétant qu’une solution sera trouvée dans les prochaines semaines.
Une option possible pour sauver l’ensemble du projet SCAF, qui est centré sur un avion de combat de nouvelle génération fonctionnant en tandem avec un réseau de drones et un cloud IA, serait de séparer la composante avion de combat du reste, permettant ainsi à l’Allemagne et à la France de développer leurs propres appareils.
Interrogé lors d’une autre intervention médiatique sur un éventuel abandon du projet, Boris Pistorius a ironisé : « Ceux que l’on déclare morts vivent plus longtemps ».
« Les prochains jours montreront certainement si cela s’applique ici », a-t-il affirmé peu avant de rencontrer les autres ministres européens de la Défense à Bruxelles.