Le ministre allemand de l'Économie numérique se prononce pour l'interdiction des médias sociaux pour les enfants

Il est important d'adopter une perspective européenne sur cette question afin de garantir des conditions de concurrence équitables pour les plateformes, a déclaré un porte-parole

EURACTIV.com
Karsten Wildberger (CDU) [Niklas Treppner/picture alliance via Getty Images]

L’interdiction des médias sociaux pour les enfants pourrait être « justifiée », a déclaré vendredi le ministre allemand de l’Économie numérique, Karsten Wildberger. De quoi relancer le débat au niveau européen, pour l’heure au point mort.

La Commission européenne avait l’été dernier rejeté une proposition de la France, de l’Espagne, de la Grèce, de Chypre, du Danemark et de la Slovénie. Celle-ci visait à introduire un âge minimum pour l’utilisation des plateformes et à inciter les entreprises à vérifier l’âge des utilisateurs.

Toutefois, l’âge approprié pour l’interdiction des médias sociaux « doit être discuté avec soin », a déclaré Karsten Wildberger à l’agence allemande dpa, évitant de se prononcer lui-même.

La France et la Grèce préfèrent appliquer une interdiction aux moins de 15 ans, tandis qu’une récente interdiction australienne restreint les médias sociaux aux enfants de moins de 16 ans.

Karsten Wildberger a ajouté qu’il attendrait les recommandations d’une commission d’experts nommée par le gouvernement allemand, avant d’avancer des propositions.

D’ici l’été 2026, cette commission doit se prononcer sur l’impact de la consommation des médias sur la santé des enfants et relever les défis posés par l’IA pour l’apprentissage et le développement psychologique.

Cette initiative fait écho à la commission « Écrans » mise en place par la France en 2024, dont le rapport a ensuite incité Paris à demander un renforcement des règles de l’UE pour protéger les enfants.

Il est important d’adopter une perspective européenne sur cette question, en particulier pour garantir des conditions de concurrence équitables pour les plateformes, a déclaré à Euractiv un porte-parole du ministère allemand de la numérisation.