Le ministre israélien des Affaires étrangères invité par Bruxelles pour un Conseil d’association UE-Israël ad hoc

L’UE a envoyé mercredi (5 juin) une invitation au ministre israélien des Affaires étrangères à participer à une réunion ad hoc pour discuter du respect par Tel Aviv de ses obligations en matière de droits humains dans le cadre de l’accord d’association UE-Israël.

Euractiv.com
European Union Foreign Ministers Council in Brussels
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz (à gauche) et le Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell (à droite), lors d’une réunion du Conseil « Affaires étrangères » à Bruxelles (Belgique), le 22 janvier 2024. [EPA-EFE/JOHN THYS / POOL]

L’UE a envoyé mercredi (5 juin) une invitation au ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz à participer à un Conseil d’association UE-Israël ad hoc pour discuter du respect par Tel Aviv de ses obligations en matière de droits humains dans le cadre de l’accord d’association entre les deux pays.

« Suite à un accord de la semaine dernière au Conseil « Affaires étrangères » [des ministres de l’UE], j’ai envoyé l’invitation au ministre [israélien] des Affaires étrangères », a écrit le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, sur X, sans donner plus de détails.

La semaine dernière, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont décidé de convoquer cette réunion afin de discuter de la situation à Gaza et d’évaluer si Tel Aviv respecte ses obligations en matière de droits humains dans le cadre de son accord commercial avec l’Union européenne, alors que la crise humanitaire provoquée par l’offensive israélienne sur la bande ne cesse de s’aggraver.

Bien que l’UE ait évoqué un consensus sur la question, au moins deux États membres ont exprimé des réserves à ce sujet, selon plusieurs diplomates européens.

Certains diplomates ont reconnu que dans le « feu de l’action » et la « nécessité d’accélérer la discussion » en raison des contraintes de temps, le résultat était bien moins concluant que ce qui avait été annoncé.

La décision de ce mois-ci est intervenue après que l’Espagne et l’Irlande ont lancé, au début de l’année, un premier appel conjoint demandant le « réexamen d’urgence » de l’accord d’association, citant les inquiétudes suscitées par la campagne militaire d’Israël à Gaza et les violations potentielles de cet accord.

Jusqu’à mercredi, il n’était pas certain qu’une telle réunion puisse avoir lieu, car, selon le protocole diplomatique, elle doit être convoquée avec l’accord de la partie israélienne, notamment en ce qui concerne la date et le lieu.

Des responsables de l’UE ont déclaré qu’ils pensaient que le gouvernement israélien du Premier ministre Benyamin Netanyahou ferait probablement traîner la réponse à l’invitation de l’UE et qu’il était peu probable qu’il s’engage à participer à une réunion.

La ministre belge des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil jusqu’au 30 juin, a déclaré qu’elle espérait que le Conseil d’association pourrait se tenir « dans un délai d’un mois ».

Cependant, alors que l’Irlande, la Belgique et l’Espagne ont fait pression sur Israël par le biais de sanctions commerciales, très peu d’autres États membres de l’UE ont exprimé leur volonté d’envisager une révision des liens commerciaux de l’Union avec Israël.

Le ministre irlandais du Commerce, Peter Burke, a réaffirmé la semaine dernière les appels de son pays en faveur de la réouverture de l’accord d’association UE-Israël.

Toutefois, malgré certains appels à des sanctions économiques au vu de l’aggravation du bilan humanitaire des opérations militaires israéliennes à Gaza, les États membres de l’UE semblent jusqu’à présent peu enclins à adopter des mesures concrètes.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]