Le ministre italien des Affaires étrangères veut maintenir le dialogue avec Benyamin Netanyahou

Antonio Tajani a appelé à maintenir le dialogue avec le Premier ministre israélien, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale. Interrogé sur la possibilité d’une arrestation du dirigeant israélien en cas de visite en Italie, il a tenu des propos ambigus.

EURACTIV Italie
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Tout en réaffirmant la reconnaissance de la CPI par l’Italie, le responsable politique a souligné que la Cour devait intervenir au niveau « juridique », ajoutant qu’il n’était « pas convaincu par le rapprochement entre le terroriste qui a orchestré la chasse aux Juifs le 7 octobre [2023] et le chef d’un gouvernement élu ». [Marco Zac/NurPhoto via Getty Images]

Afin de parvenir à une paix au Moyen-Orient, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a appelé à maintenir le dialogue avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). Interrogé sur la possibilité d’une arrestation du dirigeant israélien en cas de visite en Italie, il a tenu des propos ambigus.

Antonio Tajani a commenté la récente décision de la CPI d’émettre des mandats d’arrêt internationaux contre Beyamin Netanyahou, l’ancien ministre de la Défense israélienne Yoav Gallant et le chef militaire du groupe palestinien du Hamas Mohamed Deif.

« Nous devons toujours être réalistes ; nous devons chercher à parvenir à la paix. Israël est un pays, une démocratie », a affirmé le ministre italien, estimant qu’il était « irréaliste » d’assimiler les trois hommes.

« De telles décisions ne servent qu’à prolonger la guerre, en donnant de la force au Hezbollah et à l’Iran, qui ne veulent fondamentalement pas mettre fin à la guerre entre le Hezbollah et Israël », a-t-il poursuivi.

« On peut également ne pas être d’accord avec la manière dont le gouvernement [israélien] a réagi au massacre du 7 octobre [en territoire israélien], mais je pense que nous devons maintenant négocier avec [Benyamin] Netanyahou pour parvenir à la paix au Liban et en Palestine », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse avant une réunion avec des ministres et des représentants d’Égypte, d’Arabie saoudite, de Jordanie, du Qatar et des Émirats arabes unis.

« La Cour internationale s’occupe de questions juridiques, pas de questions politiques. Je pense que l’objectif à atteindre maintenant est la paix, car chaque mort supplémentaire est un échec », a ajouté le ministre des Affaires étrangères.

Antonio Tajani a également espéré que le Groupe des sept (G7) parviendrait à une position unifiée sur la décision de la CPI.

L’Italie prête à arrêter Benyamin Netanyahou ?

Le ministre italien a répondu avec ambiguïté lorsqu’il a été interrogé sur l’éventuelle arrestation du Premier ministre israélien si ce dernier se rendait en Italie, rappelant qu’il existe une forme d’immunité pour les trois plus hautes fonctions d’État.

Tout en réaffirmant la reconnaissance de la CPI par l’Italie, il a souligné que la Cour devait intervenir au niveau « juridique », insistant sur le fait qu’il n’était « pas convaincu par le rapprochement fait entre le terroriste qui a orchestré la chasse aux Juifs le 7 octobre [2023, Mohamed Deif, NDLR] et le chef d’un gouvernement élu [Benyamin Netanyahou] ».

S’exprimant lors d’une conférence de presse en Jordanie la semaine dernière, le Haut représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l’UE, Josep Borrell a pour sa part déclaré que la décision de la CPI était « contraignante » et que tous les États membres de l’UE étaient tenus de l’appliquer.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a également commenté le mandat de la CPI, déclarant aux médias allemands lors du G7 que « le gouvernement allemand respecte la loi, car personne n’est au-dessus de la loi ». Elle a ajouté que l’Allemagne était effectivement tenue d’exécuter les mandats.

En théorie, les 124 États signataires du Statut de Rome, le traité qui a institué la CPI, sont contraints d’arrêter ces personnes si elles venaient à entrer sur leur territoire.

Cependant, tous les États membres de l’UE ne semblent pas d’accord avec cette observation. Par exemple, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a invité son homologue israélien à se rendre en Hongrie et a affirmé que son pays ne respecterait pas la décision de la Cour.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]