Le ministre libyen de l’Intérieur arrêté à Paris en possession d’une « importante somme d’argent »

Le ministre libyen de l’Intérieur, Emad Trabelsi, a été arrêté à l’aéroport Charles De Gaulle à Paris vendredi « en possession d’une importante somme d’argent ». Il a été libéré après plusieurs heures.

Euractiv.com
Negotiation,Of,Turkey,And,European,Union.,Statesman,Or,Politicians,With
À plusieurs reprises, M. Trabelsi a rencontré les autorités italiennes pour discuter des relations entre l’Italie et la Libye, principalement sur la gestion des migrations. [[Shutterstock/vchal]]

Le ministre libyen de l’Intérieur, Emad Trabelsi, a été arrêté à l’aéroport Charles De Gaulle à Paris vendredi (3 mars) « en possession d’une importante somme d’argent », selon le média Libya Review. Il a été libéré après plusieurs heures.

Emad Trabelsi a été nommé ministre de l’Intérieur « temporaire » du gouvernement de Tripoli par le Premier ministre libyen Abdul Hamid Dbeibah le 6 novembre dernier, moins d’un mois après avoir été désigné vice-ministre de l’Intérieur.

En 2018, M. Trabelsi a été mis en cause dans un rapport annuel du département d’État américain sur les droits de l’homme dans lequel un groupe d’experts de l’ONU a enquêté sur les violations des droits en Libye.

M. Trabelsi y est présenté comme un milicien et « bénéficiaire de fonds obtenus illégalement », ont déclaré les experts, ajoutant qu’il contrôlait un groupe armé appelé « Forces d’opérations spéciales », « qui percevait environ 5 000 dinars [3 600 dollars] par camion-citerne passant par ses points de contrôle ».

Comme l’a précisé RadioRadicale en décembre, des produits pétroliers pour un montant de plusieurs milliers de dollars ont donc été introduits illégalement en Tunisie.

Liens avec l’Italie

À plusieurs reprises, M. Trabelsi a rencontré les autorités italiennes pour discuter des relations entre l’Italie et la Libye, principalement sur la gestion des flux migratoires.

Un « protocole d’accord » avec Tripoli sur l’interception des migrants par les garde-côtes libyens en mer Méditerranée en vigueur depuis 2017 a été renouvelé le 2 février.

Le 29 décembre, M. Trabelsi a rencontré une délégation italienne du ministère de l’Intérieur ainsi que les services secrets italiens.

Fin janvier, lors d’un déplacement dans le pays africain, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a signé un accord gazier de 8 milliards d’euros avec le gouvernement à Tripoli, déclarant à la presse que la migration faisait alors partie des sujets abordés, comme indiqué par Reuters.

Le 21 février, le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a rencontré M. Trabelsi pour discuter des « actions communes » entre l’Italie et la Libye pour gérer les flux migratoires.

« M. Piantedosi assiste à la Scuola Superiore di Polizia avec le ministre libyen de l’Intérieur, M. Trabelsi, au début des travaux de la taskforce conjointe entre les deux pays sur la sécurité et l’immigration, un outil opérationnel pour partager des actions communes », a écrit le ministère de l’Intérieur sur Twitter.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]