Le nouveau commissaire italien : « Aucun lobby ne me mettra dans sa poche » [FR]
Le vice-président de la Commission Jacques Barrot et le commissaire européen désigné aux Transports Antonio Tajani ont chacun fait face à trois heures d’interrogatoire au cours d’auditions séparées au Parlement européen le 16 juin. M. Tajani devait répondre aux questions les plus difficiles, notamment en ce qui concerne l’affaire de l’aide d’Etat consentie à Alitalia.
Le vice-président de la Commission Jacques Barrot et le commissaire européen désigné aux Transports Antonio Tajani ont chacun fait face à trois heures d’interrogatoire au cours d’auditions séparées au Parlement européen le 16 juin. M. Tajani devait répondre aux questions les plus difficiles, notamment en ce qui concerne l’affaire de l’aide d’Etat consentie à Alitalia.
Comme prévu, les eurodéputés ont posé des difficultés à M. Tajani en l’interrogeant sur ses compétences et son intégrité (EURACTIV 09/05/08). Pour plaider en sa faveur, M. Tajani a fait référence à son expérience passée lorsqu’il était contrôleur aérien et journaliste. En tant que journaliste, il traitait des questions liées aux « accidents d’avions » et au code de la route italien.
M. Tajani défend l’indépendance
Interrogé sur la façon dont il a prévu de garantir son indépendance envers le lobby de l’industrie des transports, le commissaire a répondu : « aucun lobbyiste ne me mettra dans sa poche ». En ce qui concerne l’enquête de la Commission relative à un prêt gouvernemental d’un montant de 300 millions d’euros consenti à Alitalia, M. Tajani a souligné qu’ « il n’y a pas de différence entre Alitalia et une autre compagnie ». Il a ajouté que sa nationalité italienne ne l’empêcherait pas d’être l’un des gardiens du respect des traités. Il a également indiqué qu’il avait déjà commencé à enquêter sur les infractions des règles en matière d’aides d’Etat.
M. Tajani a même réussi à surprendre son auditoire grâce à des idées novatrices, en identifiant un système de contrôle du trafic aérien plus centralisé, au lieu des 27 centres de contrôle nationaux actuellement en place, comme une étape cruciale dans le domaine de la réduction des émissions de CO2 du secteur. Il a également affirmé qu’il appuierait l’introduction d’un système moderne permettant de détecter les liquides dangereux dans les bagages des voyageurs et qui rendrait donc les limitations drastiques actuelles superflues.
Barrot : la protection des données est la priorité
Le vice-président de la Commission Jacques Barrot a dû répondre à des questions plus politiques, notamment concernant les prochaines étapes qui suivront l’échec du référendum irlandais. Il a déclaré que cet événement « reporte » essentiellement l’augmentation des pouvoirs du Parlement et que jusque là, l’Union devrait, selon ses propres termes, rester un « modèle » en respectant « le triangle que forment Liberté, Sécurité et Justice ». Il a également fait part de son point de vue selon lequel un référendum était une voie de ratification du traité inappropriée.
Concernant ses priorités, il a insisté sur la lutte contre la discrimination et la protection des données, une question fondamentale dans les relations de l’UE avec les Etats-Unis. M. Barrot a également proposé de créer un système d’alerte rapide en cas d’enlèvement d’enfants ainsi qu’une initiative sur la protection des mineurs en cas de divorce. Au sujet de l’immigration, il a plaidé en faveur de l’intégration des immigrants légaux tout en renforçant les contrôles aux frontières extérieures.