Le nucléaire dans le monde : fin de la «renaissance»
Vingt ans après sa première édition, le World Nuclear Status Report 2012 dresse l’inventaire d’une industrie nucléaire en perte de vitesse dans le contexte actuel de crise financière, et encore frappée par les effets de Fukushima.
Vingt ans après sa première édition, le World Nuclear Status Report 2012 dresse l’inventaire d’une industrie nucléaire en perte de vitesse dans le contexte actuel de crise financière, et encore frappée par les effets de Fukushima.
En 2011, la situation mondiale du nucléaire a été bouleversée : 19 réacteurs nucléaires ont été définitivement déconnectés dans le monde, tandis que 7 étaient mis en service. Quatre pays ont annoncé leur sortie du nucléaire : l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et Taiwan.
Cinq autres se sont retractés : l’Egypte, l’Italie, la Jordanie, le Koweit et la Thaïlande. L’Iran est le seul pays au monde à s’être engagé dans un programme électro-nucléaire commercial, depuis la Roumanie en 1996. Les chantiers sont arrêtés en Bulgarie et au Japon.
Etabli par les experts indépendants Mycle Schneider et Antony Froggatt en collaboration avec Julie Hazemann, le World Nuclear Industry Status Report 2012 résume la situation : en 2011 quatre nouveaux chantiers de réacteurs ont été lancés, et en 2012 deux. La France, l’Inde, le Brésil et les États-Unis ont annulé les nouveaux chantiers.
Aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis, des compagnies clés se sont retirées des projets. La certification de nouvelles technologies de réacteurs est reportée, c’est le cas du réacteur franco-allemand EPR qui ne sera pas agréé aux États-Unis avant fin 2014.
Dans divers pays, les chantiers en cours ont pris du retard, en Chine, en Arménie, en Finlande et aux États-Unis. Sur 59 unités en construction dans le monde, au moins 18 connaissent des retards de plusieurs années. Le projet de la centrale Watts-Bar-2 aux États-Unis bat tous les records : la construction a commencé en 1973, et la mise en service a été reportée jusqu’en 2015 ou 2016.