Le Parlement applaudit le plan de José Manuel Barroso pour la zone euro

Les dirigeants des quatre plus grands groupes au Parlement européens ont soutenu le projet du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour lutter contre la crise de la zone euro. Leur soutien lui permet de renforcer sa position en amont d'un sommet qui s'annonce complexe à la fin du mois.

EURACTIV.com
Barroso Rehn.jpg
Barroso Rehn.jpg

Les dirigeants des quatre plus grands groupes au Parlement européens ont soutenu le projet du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour lutter contre la crise de la zone euro. Leur soutien lui permet de renforcer sa position en amont d'un sommet qui s'annonce complexe à la fin du mois.

Le mercredi 12 octobre, M. Barroso s'est exprimé au Parlement pour dévoiler des propositions visant à  briser « le cercle vicieux de l'incertitude concernant la soutenabilité de la dette souveraine ».

M. Barroso a reconnu que depuis que la crise des subprimes aux États unis s'est muée en crise mondiale, l'UE a proposé des initiatives variées, qui doivent maintenant être rassemblées et rationalisées.

Les cinq éléments de la feuille de route qu'il a présentée sont interdépendants et doivent être mis en œuvre de façon simultanée, a-t-il insisté.

Ces éléments contribueront à la résolution des problèmes de la Grèce surendettée, au renforcement de la zone euro, ainsi qu'à la consolidation le système bancaire par la recapitalisation. Ils permettront également de mener des politiques de croissance et de bâtir une gouvernance économique plus solide.

Un FESF « optimisé »

M. Barroso a exhorté la Slovaquie, le seul pays dans lequel la ratification du Fonds européen de stabilité financière (FESF) a échoué, à adopter le projet lors du second vote qui aura lieu cette semaine.

« Nous appelons tous les partis du parlement slovaque à surmonter les différends politiques qui les séparent à court terme, et à saisir la prochaine occasion de garantir l’adoption rapide du nouvel accord », a déclaré M. Barroso.

À propos du FESF, il a affirmé que le Fonds devait être « plus qu'un simple pare-feu » et que sa capacité devait être « optimisée ». Il a fermement soutenu que les banques sujettes à une recapitalisation devraient d'abord avoir recours à des fonds privés. Les gouvernements nationaux devront ensuite leur apporter leur soutien, mais le FESF ne devra être utilisé qu'en dernier recours.

M. Barroso s'est exprimé sur la recapitalisation des banques et a affirmé que compte tenu des résultats peu convaincants des tests de résistance menés récemment, les banques ne disposant pas du capital nécessaire devraient s'abstenir de verser des dividendes et des bonus.

De nombreuses propositions sont au programme

M. Barroso a évoqué les emprunts obligataires pour le financement de projets (« project bonds ») annoncés dans son discours sur l'état de l'Union en 2011, et assuré que la Commission présenterait ses propositions la semaine prochaine. S'ensuivra une proposition sur les « obligations de stabilité », parfois appelées « euro-obligations », également présentes dans son discours. Cette proposition devrait être finalisée d'ici la fin de l'année, a-t-il affirmé.

À propos de la gouvernance économique, M. Barroso a annoncé la présentation, prochainement, de propositions visant à améliorer la gestion de la crise entre la Commission européenne, le Conseil de l'UE et l'Eurogroupe.

Les politiques budgétaires nationales des Etats membres présentant une dette excessive devraient faire l'objet d'un suivi régulier dans le cadre d'une procédure autorisant l'UE à intervenir, a-t-il déclaré en ajoutant que ses services présenteraient une proposition en ce sens au Conseil et au Parlement.

Faire abstraction des différences idéologiques

Les présidents des quatre groupes majoritaires au Parlement, le parti de centre-droit PPE, les Socialistes et Démocrates, les libéraux du groupe ALDE, et le groupe Verts/ALE ont annoncé, dans un communiqué commun, qu'ils feraient abstraction de « toute différence d'ordre idéologique ». Ils ont appelé à la mise en oeuvre d'un plan commun reflétant largement les propositions de la Commission.

Une résolution conjointe du même ordre devrait être approuvée par le Parlement aujourd'hui (13 octobre).

M. Barroso a présenté ses propositions au Parlement avec l'objectif clair de renforcer sa position, en amont du sommet décisif de l'UE et de la zone euro qui aura lieu le 23 octobre.

Toutefois, certains analystes avancent qu'il se heurtera sans doute à la résistance de quelques Etats membres qui rechigneront à dépenser plus d'argent pour des projets tels que « l'optimisation » du FESF.