Le Parlement européen soutient l’augmentation des budgets de défense pour 2024

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, le Parlement européen a soutenu la proposition de la Commission européenne de consacrer une plus grande part du budget de l’UE à la défense l’année prochaine, malgré le manque de ressources financières.

Euractiv.com
European Parliament plenary session in Strasbourg
La politique vise à mettre en œuvre 261 mesures d’accessibilité pour mettre en place une « norme d’accessibilité unique pour l’institution au-delà de la législation locale et nationale, en vue d’assurer l’égalité de traitement de tous ses bâtiments, pour permettre leur utilisation par tous les utilisateurs d’une manière indépendante », indique le document. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, le Parlement européen a soutenu la proposition de la Commission européenne de consacrer une plus grande part du budget de l’UE à la défense l’année prochaine, malgré le manque de ressources financières.

La volonté d’augmenter les budgets liés à la défense en dépit des contraintes budgétaires s’inscrit dans le cadre de la guerre en Ukraine et des engagements des capitales de l’UE, qui promettent d’importantes augmentations budgétaires pour s’armer contre la Russie et soutenir Kiev et d’autres voisins.

Selon l’accord de compromis sur le budget de l’UE pour 2024, consulté par Euractiv, les négociateurs du Parlement aimeraient voir une augmentation de 625 millions d’euros pour le Fonds européen de défense (FED), et 45 millions d’euros supplémentaires pour la mobilité militaire.

Cette décision, qui vient s’ajouter à la proposition initiale de budget de l’exécutif de l’UE, soutiendrait la proposition de la Commission concernant le cadre financier pluriannuel (CFP, le budget septennal 2021-2027 du bloc), et de la plateforme de technologies stratégiques pour l’Europe (STEP, anciennement connue sous le nom de Fonds de souveraineté européen) à partir de 2024.

Lors des négociations sur le CFP 2021-2027, qui ont eu lieu en 2020, les budgets de la défense ont été parmi les premiers à être réduits.

Cependant, la guerre a rendu impossible le maintien du statu quo observé dans la politique de défense de l’UE, a confié l’eurodéputé roumain Victor Negrescu (Socialistes et Démocrates européens), rapporteur fictif sur le budget 2024, à Euractiv.

Révision du CFP et adoption de STEP

De cette manière, le Parlement européen « aligne sa position » sur celle de la Commission européenne, a déclaré l’eurodéputé roumain Siegfried Muresan (Parti populaire européen), rapporteur sur le budget de l’UE, lors d’un entretien avec Euractiv.

Dans la pratique, le Parlement européen adopte un budget 2024 qui inclut déjà les financements supplémentaires proposés dans le cadre de la révision du CFP pour 2024-2027 et de la plateforme STEP, et ce même s’ils sont encore en cours de négociation entre les États membres.

La révision proposée est venue s’ajouter au budget 2024 initialement présenté par l’exécutif de l’UE.

Si le Conseil soutient la position du Parlement et de la Commission, le FED bénéficierait de 1,263 milliard d’euros et le programme de mobilité militaire de 286 millions d’euros en 2024.

La guerre en Ukraine en toile de fond

« Le budget de la défense est une des priorités du Parlement européen car nous voulons continuer à soutenir l’Ukraine », a déclaré l’eurodéputée française Fabienne Keller (Renew).

M. Muresan a déclaré que la révision du cadre financier pluriannuel et les propositions STEP montrent que, avec la guerre, « [la Commission] a compris à juste titre que la défense est importante ». Il insiste également sur le fait « que nous devons investir davantage dans la recherche ».

« Il est entendu qu’il est logique de rassembler les ressources, d’investir dans la recherche, de mettre au point les meilleures technologies de la manière la plus rentable possible, puis de partager les bénéfices de cette recherche en matière de défense entre les États membres de l’UE », a ajouté M. Muresan. « Je pense que c’est logique et que cela nous rendra plus sûrs. »

En ce qui concerne la mobilité militaire, Mme Keller a expliqué que l’augmentation des ressources suivait un modèle : « Nous avons bien vu que le budget alloué pour 2023 était insuffisant, notamment pour la mobilité militaire, qui a dû être réapprovisionnée à plusieurs reprises cette année ».

Un accord facile avec le Conseil ?

« Cette augmentation ne se fait pas aux dépens des autres programmes », a déclaré Fabienne Keller, tandis que M. Muresan a expliqué qu’il y aurait « quelques augmentations très modérées de 100 millions d’euros pour le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) pour les grands projets d’infrastructure, 100 millions d’euros pour Erasmus, environ 100 millions d’euros pour certaines lignes d’Horizon Europe ».

Toutefois, l’UE « doit trouver un équilibre entre la fourniture du financement nécessaire pour accroître la capacité de l’industrie européenne de la défense et la production d’armements pour nos besoins et ceux de nos partenaires, sans épuiser les programmes et les fonds existants dans le cadre de la politique de cohésion », et la protection des droits des travailleurs, a déclaré M. Muresan.

En ce qui concerne l’augmentation du budget de la défense, il a affirmé qu’il y aurait « un accord unanime entre les trois institutions [Conseil, Parlement et Commission] pour soutenir cette proposition parce que tout le monde comprend après l’invasion russe en Ukraine que c’est important ».

Mme Keller a toutefois mis en garde contre le fait que « les négociations budgétaires avec le Conseil sont toujours un exercice complexe, tout en étant réaliste le Parlement européen doit pousser pour une révision ambitieuse du CFP ».

« Je suis confiante que nous parviendront à un accord permettant de répondre aux attentes des citoyens européens », a-t-elle conclu.

[Édité Anne-Sophie Gayet]