Le Parlement scelle sa position sur le prochain budget à long terme de l'UE

Les députés européens réclament une augmentation de 10 % et de nouvelles taxes pour financer le remboursement de la dette commune contractée pendant la pandémie de Covid

EURACTIV.com
[Photo : Philipp von Ditfurth/picture alliance via Getty Images]

Strasbourg, FRANCE – Les députés européens se sont joints à la bataille autour du prochain budget à long terme de l’UE, réclamant une augmentation des dépenses et un plan de financement plus prévisible pour la période 2028-2034.

La position du Parlement européen sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), rédigée conjointement par les principaux négociateurs budgétaires du Parlement, Carla Tavares (Socialistes et Démocrates) et Siegfried Mureșan (Parti populaire européen), a été adoptée par 655 voix au total, dont 370 pour, 201 contre et 84 abstentions. 

« Nous savons que le CFP n’est pas seulement un budget, mais une feuille de route politique pour l’avenir de l’Union », a souligné Tavares avant le vote, appelant à ce que davantage de fonds soient disponibles dans le futur plan de dépenses. « Nous avons besoin de plus de ressources pour pouvoir relever tous les défis qui se présentent. »

Le Parlement réclame une augmentation de 10 % pour les trois grandes rubriques du budget, ce qui fixe sa position de négociation à 2 000 milliards d’euros en prix courants, alors que la proposition de la Commission s’élève à 1 800 milliards d’euros.

L’agriculture, la cohésion et la politique sociale constituent la plus grande partie du budget à long terme. Le Parlement exige que 103 milliards d’euros supplémentaires soient réservés à cet effet, portant le total à 997 milliards d’euros. Les députés européens souhaitent également augmenter de 70 milliards d’euros les dépenses destinées à améliorer la compétitivité de l’Union, ce qui porterait les fonds à 660 milliards d’euros – dont 200 milliards d’euros pour la recherche et l’innovation.

En ce qui concerne l’action extérieure, le Parlement réclame 24 milliards d’euros de financement supplémentaire, ce qui porterait l’enveloppe à 239 milliards d’euros.

Une revendication centrale consiste à exclure du budget à long terme les coûts liés au service de la dette du fonds de relance de l’UE face à la pandémie. À la place, les députés proposent de nouvelles sources de recettes pour financer à la fois les dépenses et le remboursement de la dette, notamment une taxe numérique sur les grandes entreprises technologiques, une taxe sur les jeux d’argent en ligne et un impôt sur les plus-values des crypto-actifs.

Les députés européens ont également soutenu la réintroduction de lignes budgétaires distinctes pour l’agriculture, la cohésion et la politique sociale, ainsi qu’un financement spécifique pour les programmes de santé et d’environnement.

Avec ce vote, le Parlement a défini sa position en vue des négociations avec les gouvernements nationaux au sein du Conseil de l’UE et de la Commission européenne, dans le but de finaliser le budget d’ici la fin de l’année. Mais les discussions s’annoncent difficiles dans un contexte de budgets nationaux tendus et d’incertitude géopolitique.

(bw, jp)