La vice-présidente italienne du Parlement européen quitte les socialistes
La vice-présidente devrait rejoindre Renew Europe après des mois de tensions avec la présidente du Parti démocrate, Elly Schlein
Pina Picierno, vice-présidente du Parlement européen, a annoncé qu’elle quittait à la fois le Parti démocrate italien et le groupe des Socialistes et Démocrates.
Cette décision n’est guère une surprise pour beaucoup au sein de la famille socialiste, car Picierno, l’une des plus ferventes défenseuses de l’Ukraine au Parlement, était de plus en plus souvent en désaccord avec la présidente du Parti démocrate, Elly Schlein, sur la politique étrangère, ainsi que sur les positions du parti en matière de sécurité et de défense.
Picierno est désormais en contact avec la direction de Renew Europe, comme l’a précédemment rapporté la newsletter Rapporteur d’Euractiv, et devrait suivre la voie d’Elisabetta Gualmini, qui a quitté la délégation socialiste italienne pour rejoindre Renew le mois dernier.
Elle pourrait également rejoindre prochainement le Parti démocrate européen (EDP), le parti politique européen centriste dirigé par le député libéral franco-italien Sandro Gozi.
La vice-présidente a annoncé sa décision dans une interview accordée au journal italien Il Foglio. Dans cette interview, elle a évoqué son isolement croissant au sein du parti « qu’elle a contribué à bâtir », citant des désaccords notamment sur l’Ukraine, la politique de défense et l’antisémitisme.
Picierno a critiqué à plusieurs reprises en public la décision de Schlein de ne pas se rendre à Kiev, y voyant un signe de la position de plus en plus ambiguë du parti quant au soutien à l’Ukraine.
Cette décision devrait renforcer le camp libéral à l’approche du remaniement de mi-mandat de l’année prochaine, lorsque les groupes politiques du Parlement renégocieront les postes institutionnels clés. Si son transfert est finalisé, Renew Europe portera son nombre de députés européens à 78 et gagnera un vice-président supplémentaire, portant leur nombre total à trois.
Les Socialistes et Démocrates passeraient ainsi de cinq à quatre vice-présidents, ce qui relancerait les questions quant à savoir si l’équilibre institutionnel initial sera rétabli après la révision à mi-mandat. Des inquiétudes ont déjà été exprimées quant à ce que certains considèrent comme une surreprésentation des Socialistes au sein du Bureau du Parlement.
Des sources proches de Picierno ont confié à Euractiv que la vice-présidente avait l’intention de briguer un nouveau mandat à ce poste.
Cette décision devrait également modifier les équilibres internes au sein du groupe S&D. À l’issue des élections européennes de 2024, la délégation italienne était la plus importante délégation nationale du groupe.
Mais après être passée de 21 à 20 membres suite au départ de Gualmini, puis à 19 avec celui de Picierno, elle se retrouvera derrière la délégation espagnole. Cela pourrait affaiblir les chances du Parti démocrate d’obtenir des postes de direction au sein du groupe.
Avec Picierno, Gualmini et Sandro Gozi, élu en France mais ancien haut responsable du gouvernement italien sous Matteo Renzi, Renew Europe peut désormais compter sur un contingent italien plus important pour compenser le manque de représentation suite aux dernières élections européennes, offrant ainsi une plateforme aux forces libérales italiennes pour se regrouper en vue des prochaines échéances électorales.
(bw)