Le parlement suédois adopte un accord de coopération militaire controversé avec les États-Unis
Un accord militaire bilatéral entre les États-Unis et la Suède a été adopté par la majorité du parlement suédois, malgré les inquiétudes de l’opposition écologiste et de gauche concernant la présence d’armes nucléaires sur le sol suédois.
Un accord militaire bilatéral entre les États-Unis et la Suède a été adopté par la majorité du parlement suédois, malgré les inquiétudes de l’opposition écologiste et de gauche concernant la présence d’armes nucléaires sur le sol suédois.
Après environ six heures de débat, l’accord bilatéral controversé de coopération avec les États-Unis en matière de défense, annoncé en décembre dernier, a été adopté avec 266 voix pour et 37 contre au parlement suédois.
« Il y a un intérêt commun à ce que l’accord soit mis en place le plus rapidement possible », a déclaré le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson.
L’accord donne à l’armée américaine le droit d’utiliser 17 bases militaires suédoises et des zones d’entraînement à travers le pays, en dehors des nouvelles obligations de la Suède dans le cadre de l’OTAN. Washington a conclu des accords similaires avec plusieurs autres pays, dont la Finlande, la Norvège, le Danemark, les pays baltes et la Pologne.
La date à laquelle les États-Unis pourront commencer à déployer du personnel et des équipements dans les bases militaires suédoises reste toutefois incertaine.
Pål Jonson s’attend à ce que la Suède mette en œuvre l’accord dans un délai d’un mois et envoie ensuite une notification aux États-Unis.
« Nous avons dit qu’un mémorandum pourrait être échangé vers le mois d’août et que le travail pourrait alors avancer », a-t-il expliqué.
Selon le gouvernement suédois, l’accord renforcera son pouvoir de dissuasion à l’égard de la Russie et, en cas de crise ou de conflit, l’action des soldats américains sera considérablement facilitée si les armes, les munitions, les fournitures et le carburant sont déjà stockés sur le terrain en Suède.
L’opposition préoccupée par les armes nucléaires
Toutefois, les partis d’opposition des Verts et de la gauche sont restés très critiques à l’égard de ce qu’ils considèrent comme un manque de clarté sur les armes nucléaires dans le traité.
« La Suède est le seul pays de la région nordique à ne pas avoir de clauses de protection contre les armes nucléaires dans l’accord », a déploré Håkan Svenneling, membre du Parti de gauche, lors du débat de mardi.
Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson avait en effet affirmé le mois dernier qu’en temps de guerre, le pays pourrait accueillir des armes nucléaires.
« S’il y a une guerre contre nous sur notre territoire, dans laquelle la Suède est entraînée après une attaque par d’autres, alors la situation sera tout à fait différente. L’ensemble de l’OTAN bénéficie alors du parapluie nucléaire qui doit exister dans les démocraties tant que des pays comme la Russie disposent d’armes nucléaires », a annoncé le Premier ministre suédois à la station de radio P1.
Le gouvernement suédois a affirmé à plusieurs reprises qu’il continuerait à décider quelles armes sont autorisées à entrer dans le pays, mais selon M. Svenneling, cette situation pourrait changer, par exemple si un nouveau président arrive au pouvoir aux États-Unis.
« Les accords ne sont pas seulement rédigés pour les beaux jours, mais aussi pour les jours de pluie, de nuages et même d’orages », a-t-il précisé.
M. Jonson a rejeté les accusations de l’opposition, soulignant que la Suède restait un pays souverain.
« Il est très clair que la Suède est un pays souverain et qu’aucun autre pays ne peut l’obliger à avoir des armes nucléaires sur son territoire », a-t-il assuré.
Toutefois, l’accord ne contient aucune disposition explicite concernant l’interdiction des armes nucléaires sur le sol suédois.
[Édité par Anna Martino]