Le parti populiste de gauche allemand BSW veut changer de nom
Après son échec aux législatives de février, le parti populiste de gauche Bündnis Sahra Wagenknecht veut tourner la page : il garde son acronyme BSW, mais cherche un nouveau sens aux deux dernières lettres, qui font référence à sa fondatrice.
Fondée en 2024, l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW) avait rapidement enregistré des succès électoraux, notamment grâce à son opposition aux livraisons d’armes à l’Ukraine. Mais le parti, qui portait jusque-là le nom de sa fondatrice pour capitaliser sur sa notoriété, envisage désormais de tourner la page.
La direction de la BSW a annoncé lundi 18 août que cette question serait discutée lors du prochain congrès du parti en décembre.
Les responsables du parti — dont Sahra Wagenknecht — ont expliqué vouloir conserver l’acronyme BSW, devenu un repère identitaire pour les adhérents.
« Nous aimerions conserver l’acronyme familier BSW, qui symbolise pour beaucoup d’entre nous l’identité et la cohésion », ont-ils écrit dans un courriel adressé aux membres de la formation, qui sont invités à proposer de nouvelles significations pour les lettres B, S et W. Celles-ci signifient actuellement Bündnis Sahra Wagenknecht. La fondatrice du parti avait par ailleurs déjà suggéré « Alliance pour la sécurité et la prospérité » (Bündnis für Sicherheit und Wohlstand).
Cette recherche de nouvelle identité intervient alors que la formation traverse une crise majeure : en février, elle a échoué de justesse à franchir le seuil d’entrée au Bundestag, manquant la barre des 5 % des voix de seulement 0,02 %. Malgré cet échec, Sahra Wagenknecht a confirmé qu’elle resterait coprésidente, promettant de consolider durablement l’ancrage du parti dans la vie politique allemande.
L’ancienne figure de proue de Die Linke avait lancé la BSW pour occuper un créneau particulier : une alternative de gauche sur le plan économique conservatrice sur les questions sociales. Elle et ses alliés avaient quitté Die Linke en 2023, reprochant au parti de délaisser la défense des classes populaires au profit de politiques trop progressistes.
Personnalité clivante, Sahra Wagenknecht séduit notamment dans les régions de l’ex-Allemagne de l’Est, où son discours critique envers l’immigration et conciliant à l’égard de la Russie trouve un large écho dans une population encore marquée par des inégalités économiques persistantes.
Aux élections européennes de 2024, la BSW avait réussi un premier coup d’éclat en décrochant cinq sièges. Mais ses élus, après avoir échoué à former leur propre groupe, n’ont pas réussi à s’intégrer dans une famille politique existante au Parlement européen, après avoir échoué à créer un groupe.
(asg)