Le plan d’aide à la Grèce devra être approuvé par chaque Parlement
Le plan d’aide à la Grèce a rassuré les marchés mais soulève quelques interrogations quant à son éventuelle mise en œuvre.
Le plan d’aide à la Grèce a rassuré les marchés mais soulève quelques interrogations quant à son éventuelle mise en œuvre.
L’accord trouvé par l’Eurogroupe le 11 avril sur le plan d’aide à la Grèce semble avoir rassuré les marchés. Dès le lendemain, les taux auxquels la Grèce peut emprunter ont baissé. Le taux à dix ans est redescendu à 6,6% après avoir atteint 7,5% une semaine avant.
Les 40 à 45 milliards d’euros de prêt (lire contexte) qui serait disponible la première année correspondent à environ 20% du PIB grec. Un montant global en ligne avec les sommes octroyées dans ce genre de situation par le FMI. L’intervention du fonds, en Hongrie, en 2009, s’était élevée à 20% du PIB du pays.
La répartition de la participation de chaque État membre de la zone euro sera calculée au prorata de sa part au capital de la BCE. Or, les contributions des États à la BCE sont fondées sur la taille de leur population et leur PIB. C’est pourquoi, selon les chiffres du département économie de BNP Paribas, l’Allemagne paierait un peu plus d’un quart de la somme totale des aides, à hauteur de 8,4 milliards d’euros, tandis que la France paierait autour de 20%, à hauteur de 6,3 milliards d’euros (lire tableau ci-dessous).
Reste toutefois une condition pour que le plan d’aide soit mis en route : que la Grèce le demande. Dès lors, les États membres se réuniront et décideront d’appliquer ces mesures à l’unanimité. Chaque pays procédera ensuite à la levée des fonds sur les marchés, « ce qui pourrait prendre un certain temps », selon la directrice du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) Agnès Bénassy-Quéré.
A priori, tous les États membres devront inscrire à leur loi de finances, votée par le Parlement, le déboursement des prêts. Interrogée à ce sujet par EURACTIV.fr, la chef économiste France chez Barclays capital, Laurence Boone, estime que les discussions seront difficiles dans certains États comme l’Allemagne et les Pays-Bas, en raison notamment d’un contexte électoral. Néanmoins, selon elle, « en cas d’urgence, les Parlements finiront par voter ». Quoi qu’il en soit, rappelle Laurence Boone, le vrai test pour la Grèce aura lieu d’ici la fin du mois de mai. D’ici là, la Grèce doit lever environ 11 milliards d’euros pour refinancer sa dette. Le FMI a quant à lui les moyens d’intervenir « dans les deux, trois jours », conclut-elle.
Quelques questions restent néanmoins en suspens. La conditionnalité des déboursements des prêts, c’est-à-dire les mesures d’austérité que la Grèce devrait prendre pour réduire son déficit, devra être réglée entre le FMI et les États membres. Enfin, en cas de défaut de la Grèce, qui du FMI ou de l’UE sera prioritaire pour les remboursements ? Normalement, le FMI est prioritaire, explique Agnès Bénassy-Quéré.
Outre la Grèce, l’UE serait-elle capable d’aider d’autres États membres en difficulté ? L’Espagne, par exemple, représente 12% du PIB de la zone euro. Soit un pourcentage cinq fois supérieur à celui de la Grèce. Une note de BNP Paribas estime qu’un plan d’aide similaire à celui de la Grèce, à savoir à hauteur de 20% du PIB du pays, représenterait 200 milliards d’euros. Dans ce cas là, l’Allemagne devrait débourser 40 milliards d’euros.
