Le Portugal appelle l’Europe à l’aide
Lisbonne a sollicité une assistance financière de l’Union européenne. Elle devrait avoisiner 80 milliards d’euros.
Lisbonne a sollicité une assistance financière de l’Union européenne. Elle devrait avoisiner 80 milliards d’euros.
Le Portugal a annoncé, mercredi 6 avril, avoir l’intention de demander une assistance financière à l’Union européenne pour garantir le financement de son économie.
Lisbonne s’efforçait depuis plusieurs mois d’éviter cette issue, mais la détérioration continue de sa situation auprès des marchés financiers a finalement poussé le Premier ministre José Socrates à solliciter une aide internationale.
Le rejet, fin mars, de son plan d’austérité par le parlement portugais a aggravé la situation financière du pays et rendu un appel à l’aide « inévitable », a-t-il déclaré.
Pression des banques
« J’ai tout tenté, mais en notre âme et conscience, nous avons atteint le point où ne pas prendre cette décision ferait courir au pays des risques qu’il ne peut se permettre », a-t-il insisté lors d’une déclaration à la télévision.
A l’incertitude pesant sur la situation financière du pays s’était ajoutée fin mars une crise politique lorsque le gouvernement, confronté au rejet par le parlement de son plan d’austérité, a présenté sa démission. Des élections législatives anticipées ont été fixées au 5 juin.
Avec une note souveraine abaissée à plusieurs reprises par les agences de notation et des taux de rendement atteignant sans cesse des plus hauts historiques, les banques du pays ont pressé mardi le gouvernement de solliciter au plus vite un prêt à court terme afin d’apaiser les craintes des marchés financiers.
Ces derniers, comme bon nombre des partenaires européens du Portugal et un nombre important de responsables au sein de la Commission, estimaient depuis fin 2010 qu’un sauvetage du pays était inévitable.
Autour de 80 milliards d’euros
Dans un communiqué de son président José Manuel Barroso, la Commission européenne a assuré que la demande du Portugal serait étudiée le plus vite possible dans le cadre des règles en vigueur sur l’aide aux pays en difficulté.
Le montant de l’aide qui serait versée à Lisbonne par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Fonds monétaire international (FMI) pourrait avoisiner les 80 milliards d’euros sur trois ans, selon plusieurs sources au sein de la zone euro.
Le FMI a de son côté annoncé ne pas avoir encore reçu de demande d’assistance de la part du Portugal, mais assuré se tenir prêt à lui venir en aide le cas échéant.
Peu avant l’intervention de José Socrates, son ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos avait souligné que le pays devrait solliciter une aide financière de l’Union européenne.
Taux très élevé
« Dans cette difficile situation, qui aurait pu être évitée, je constate qu’il est nécessaire de recourir aux mécanismes de financement disponibles dans le cadre européen », a-t-il déclaré au Jornal de Negocios.
Plus tôt dans la journée de mercredi, le Portugal a émis un milliard d’euros de dette à court terme, mais à un taux très élevé.
Les ministres des Finances de la zone euro et de l’Union européenne doivent se réunir à partir de vendredi à Budapest afin de discuter des besoins en financement du Portugal.