Le Portugal bricole son budget après le recadrage des juges
La Cour constitutionnelle portugaise a censuré quatre des neuf mesures de rigueur du gouvernement. Le Premier ministre a annoncé des coupes dans les dépenses de l'Etat pour maintenir les objectifs de déficit coûte que coûte.
La Cour constitutionnelle portugaise a censuré quatre des neuf mesures de rigueur du gouvernement. Le Premier ministre a annoncé des coupes dans les dépenses de l’Etat pour maintenir les objectifs de déficit coûte que coûte.
Le Premier ministre du Portugal, Pedro Passos Coelho, a annoncé, dimanche 7 avril, que les dépenses publiques seraient réduites pour compenser l’invalidation par la Cour constitutionnelle d’une partie de son plan d’austérité et ainsi respecter les objectifs budgétaires du pays.
Eviter un second plan d’aide
Les treize « Sages » ont censuré, vendredi 5 avril, quatre des neuf mesures adoptées par le gouvernement. Leur décision devrait priver l’Etat d’au moins 900 millions d’euros de recettes et d’économies (des médias portugais avancent une estimation de 1,3 milliard d’euros).
Parmi les points retoqués par la Cour Constitutionnelle, on peut noter la baisse programmée des primes de vacances dont bénéficient les fonctionnaires et les retraités ainsi que les diminutions des indemnités-maladie et chômage.
Les hausses d’impôts, d’une ampleur sans précédent, ont en revanche été validées.
Soulignant que le Portugal devait éviter d’avoir à négocier un second plan de sauvetage avec ses partenaires européens et le FMI, Pedro Passos Coelho a estimé qu’il n’était pas possible de compenser ce manque à gagner en augmentant encore les impôts. L’ajustement passera donc par la réduction des dépenses de l’Etat.
5,5% en 2013
Lors de sa déclaration télévisée, dimanche soir, Passos Coelho a estimé que la décision de la Cour constitutionnelle entraînait « des obstacles et des risques sérieux » pour l’exécution du budget cette année et en 2014.
Il a réaffirmé dans le même temps l’engagement de son gouvernement à mettre en oeuvre le programme d’ajustement des finances publiques et de l’économie portugaise dans le cadre du plan de renflouement de 78 milliards d’euros négocié avec l’UE et le FMI en 2011.
« Nous n’hésiterons pas », a-t-il dit. « Notre gouvernement est lié par tous les objectifs de ce programme. »
Lisbonne s’est engagé à ramener son déficit public de 6,4% du PIB en 2012 à 5,5% cette année.
Fin du programme prévue pour 2014
Pour les économistes, cette censure partielle ne devrait pas remettre en question la trajectoire d’assainissement des finances publiques portugaises, qui prévoit au total des mesures d’austérité de l’ordre de 5 milliards d’euros pour le budget 2013.
Elle fragilise un peu le Portugal avant une réunion informelle des ministres des Finances de la zone euro cette semaine à Dublin, au cours de laquelle une prolongation de l’échéance de prêts accordés au Portugal et à l’Irlande devrait être approuvée.
« La poursuite de la mise en oeuvre déterminée de ce programme est la condition préalable à une décision sur l’allongement des échéances financières du Portugal, ce qui faciliterait le retour du Portugal sur les marchés financiers et la réussite des objectifs du programme », a déclaré la Commission européenne, dans un communiqué publié le 7 avril au soir.
Passos Coelho a déclaré cependant que son ministre des Finances, Vitor Gaspar, ferait tout pour protéger les intérêts du Portugal et obtenir cette prolongation, que le gouvernement juge essentielle afin de réussir la sortie du programme de renflouement, prévue en 2014.