Le Premier ministre britannique Keir Starmer en visite à Bruxelles pour renforcer les liens avec l’UE
En visite à Bruxelles mercredi 2 octobre, le Premier ministre britannique Keir Starmer, espère renforcer les liens de Londres avec l’Union européenne (UE), et traiter des dossiers épineux, comme celui des migrations irrégulières à travers la Manche.
En visite à Bruxelles mercredi 2 octobre, le Premier ministre britannique Keir Starmer, espère renforcer les liens de Londres avec l’Union européenne (UE), et traiter des dossiers épineux, comme celui des migrations irrégulières à travers la Manche.
Le Premier ministre travailliste, qui avait promis lors de la victoire de son parti aux élections de juillet une « réinitialisation » des relations avec l’UE, a rencontré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mercredi après-midi.
Keir Starmer a également prévu de s’entretenir avec la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, et avec le chef du Conseil européen, Charles Michel.
La Commission européenne et le bureau du Premier ministre britannique à Londres sont cependant restés très discrets sur l’ordre du jour de la réunion.
Dans les brefs commentaires qu’ils ont faits en public avant d’entamer leur réunion à huis clos, Ursula von der Leyen et Keir Starmer ont cependant mis l’accent sur les menaces qui pèsent sur la sécurité mondiale, et ont évoqué les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine.
« En ces temps dangereux, nous avons le devoir de travailler ensemble pour préserver la stabilité et la sécurité », a déclaré le Premier ministre britannique.
La présidente de l’exécutif européen a quant à elle souligné que, « en ces temps très incertains, des partenaires aux opinons similaires tels que nous doivent coopérer plus étroitement et c’est ce que nous faisons ».
Dans une déclaration écrite envoyée aux journalistes mardi 1er octobre en fin de journée, le gouvernement britannique avait annoncé que Keir Starmer souhaitait un « pacte de sécurité » avec l’UE, mais sans en préciser les détails.
Mercredi, Ursula von der Leyen et Keir Starmer ont tous deux condamné les attaques iraniennes contre Israël, à la suite de l’invasion du Liban par Tel-Aviv, mardi 1er octobre.
Keir Starmer a également exprimé sa solidarité avec Israël. « Nous sommes aux côtés d’Israël et reconnaissons son plein droit à la sécurité et à l’autodéfense », a-t-il affirmé.
Les deux dirigeants ont réitéré leur soutien à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie.
Des dossiers épineux
Comparé à d’autres aspects non résolus des relations post-Brexit, les domaines de la sécurité et de la défense sont ceux où Londres et Bruxelles trouveront probablement plus facile d’accepter une coopération plus étroite, du moins en principe.
La migration et le commerce sont des dossiers beaucoup plus épineux, mais ils sont également au cœur des ambitions de Keir Starmer pour la réinitialisation des relations entre Londres et Bruxelles, après cinq années de confrontations entre l’ancien gouvernement conservateur et l’UE.
Le communiqué de presse de Downing Street indique que le Premier ministre se concentre sur « la sécurisation de nos frontières et la lutte contre les obstacles au commerce ».
Lors de son arrivée à la réunion mercredi, Keir Starmer a déclaré que les Britanniques souhaitaient « que le Brexit fonctionne et qu’il réponde à [leurs] intérêts, qu’il trouve des moyens de stimuler la croissance économique, de renforcer [leur] sécurité et de relever des défis communs tels que l’immigration irrégulière et le changement climatique ».
Le Royaume-Uni souhaite trouver une solution au problème des migrations irrégulières à travers la Manche. Mais il est peu probable que les États de l’UE acceptent un accord sur le retour des immigrants illégaux si Londres n’accepte pas en retour de partager le fardeau du traitement des demandeurs d’asile qui arrivent en Europe, ont soufflé des diplomates de l’UE à Euractiv.
Ursula von der Leyen n’a pas mentionné directement l’immigration ou le commerce dans les quelques remarques formulées avant la rencontre. Elle a plutôt souligné les accords existants conclus par les conservateurs Boris Johnson et Rishi Sunak.
« Nous disposons d’un ensemble d’accords solides », a-t-elle affirmé. « Nous devrions explorer les possibilités d’une plus grande coopération, tout en nous concentrant sur la mise en œuvre complète et fidèle de l’accord de retrait, du cadre de Windsor et de l’accord de commerce et de coopération » de 2020.
L’UE affirme que le Royaume-Uni ne met pas en œuvre les aspects fondamentaux de ces traités, comme la protection des droits de résidence et de travail des citoyens de l’Union arrivés dans le pays avant le Brexit, et la garantie de l’application des règles douanières du bloc sans créer une frontière terrestre rigide entre l’Irlande et l’Irlande du Nord.
Lors d’une réunion à huis clos des ambassadeurs des Vingt-Sept lundi, les diplomates ont également demandé à la Commission de pousser Keir Starmer à prolonger un accord permettant au secteur de la pêche de l’UE d’accéder aux eaux britanniques. L’accord actuel expire en 2026.
La visite de Keir Starmer à Bruxelles ne devrait pas déboucher sur des avancées majeures en matière de commerce et d’immigration, mais devrait plutôt marquer une reprise des négociations diplomatiques entre Londres et Bruxelles. Le Premier ministre devrait tenir une conférence de presse dans la capitale européenne mercredi soir.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]