Le premier ministre grec écarte l’idée d’élections anticipées

Le premier ministre grec, Antonis Samars, a écarté hier (16 juin) l’hypothèse d’élections anticipées en raison de la fermeture soudaine de la société publique de radiodiffusion, qui a suscité la protestation des téléspectateurs, des travailleurs, de l’opposition et de ses partenaires de coalition.

EURACTIV.com / Reuters
Antonis Samaras
Antonis Samaras

Le premier ministre grec, Antonis Samars, a écarté hier (16 juin) l’hypothèse d’élections anticipées en raison de la fermeture soudaine de la société publique de radiodiffusion, qui a suscité la protestation des téléspectateurs, des travailleurs, de l’opposition et de ses partenaires de coalition.

Antonis Samaras a déclaré que sa décision de fermer l'ERT et son projet de relance d'un service audiovisuel public plus resserré et efficace démontraient le sérieux de la Grèce dans ses efforts de redressement des comptes publics, conformément à ses engagements auprès des créanciers internationaux.

 

Un accrochage entre le premier ministre et ses deux partenaires de coalition de gauche à propos des détails de la reprise des émissions publiques a laissé entrevoir la perspective d'une crise politique, un an tout juste après les élections et l'échec du renflouement.

 

« Si certains pensent naïvement pouvoir nous faire du chantage aux élections, qu'ils ne se fatiguent pas », a déclaré le premier lors d'un rassemblement de son parti, Nouvelle démocratie (ND) à Nauplie, dans le Péloponnèse. « Personne ne le veut. »

 

Le parti de l'opposition, Syriza, a déclaré que la décision de M. Samaras de fermer l'ERT constituait « l'apogée de sa politique autoritaire ». Il a exhorté les Grecs à se rassembler sur la place Syntagma à Athènes lundi à 17 heures GMT, où le chef de file du parti, Alexis Tsipras, prononcera un discours.

 

Le PAME, un syndicat issu de la mouvance communiste, a également appelé à une manifestation près du siège de l'ERT, où les salariés se réunissent depuis la fermeture soudaine de leur entreprise.

 

La décision de retirer cette société des ondes mardi dernier à minuit après 75 ans d'existence a divisé la coalition fragile. Les deux autres partenaires de coalition souhaitent éviter un retour anticipé aux urnes, le chef de file du PASOK, Evangelos Venizelos, a déclaré dans la presse dominicale qu'il n'avait pas « peur » de nouvelles élections.

 

« Les initiatives destinées à impressionner, prises en violation des principes de base du fonctionnement d'une majorité parlementaire, ne constituent pas des réformes », a déclaré M. Venizelos. La décision de fermer l'ERT a été prise grâce un décret ministériel et peut donc être appliquée sans l'approbation du parlement.

 

D'après les sondages d'opinion, les trois partis membres de la coalition gouvernementale ont perdu des intentions de vote depuis les élections de 2012. Aucun ne serait en mesure de gouverner seul.

 

Antonis Samaras a invité ses alliés, qui souhaitent la réouverture immédiate des chaînes de télévision et de radio de l'ERT, à une réunion lundi. Ils ont jusqu'à présent rejeté un compromis visant à réembaucher quelques membres du personnel afin de reprendre la diffusion de nouveaux programmes.

 

Selon le gouvernement, les trois chaînes de la télévision nationale, les stations de radio régionales, nationales et extérieures, coûtent 300 millions d'euros par an à la Grèce.

 

De nombreux Grecs perçoivent depuis longtemps la société de radiodiffusion comme une source coûteuse d'emplois distribués en guise de faveurs politiques, mais la rapidité du retrait de l'ERT des ondes en a surpris plus d'un. Selon des sondages d'opinion, la majorité de la population s'oppose à cette décision.

 

Le premier ministre grec assure que la fermeture de l'ERT était le seul moyen de procéder à une refonte de l'audiovisuel public, après plusieurs tentatives avortées de réforme. « C'est ce que nous sommes en train de changer parce que c'est juste, honnête et que cela aurait dû être fait il y a des années », a-t-il ajouté.