Le Premier ministre suédois exclut de dissoudre la coalition au pouvoir malgré de fortes divisions

Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson n’a pas l’intention de suspendre la coopération de la coalition au pouvoir avec les Démocrates de Suède, un parti d’extrême droite, à la suite de débats parlementaires houleux sur le scandale des usines à trolls.

Euractiv.com
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Même si Jimmie Akesson a affirmé ne pas être au courant des liens de Robert Hedarv avec les gangs criminels, la nouvelle a suscité la réaction des principaux hommes politiques de centre droit, dont le Premier ministre suédois Ulf Kristersson (Les Modérés, Parti populaire européen), qui a souligné la nécessité pour les dirigeants de garder un œil sur les personnes qu’ils fréquentent.   [[EPA-EFE/MAGNUS LEJHALL]]

Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson n’a pas l’intention de suspendre la coopération de la coalition au pouvoir avec les Démocrates de Suède, un parti d’extrême droite, à la suite de débats parlementaires houleux sur le scandale des usines à trolls.

Le débat entre les chefs de parti initialement consacré aux élections européennes a fait place mercredi (22 mai) à un échange animé sur les révélations récentes concernant une usine à trolls qui aurait été utilisée par le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD) pour diffuser sur les réseaux sociaux des contenus qui lui sont favorables, même aux dépens de ses alliés de la coalition.

Bien qu’il ne fasse pas officiellement partie de la coalition de centre droit composée du Parti modéré de rassemblement (PPE), des Chrétiens-démocrates (PPE) et des Libéraux (Renew Europe), le deuxième plus grand parti du pays est essentiel pour maintenir le gouvernement à flot, car il soutient ce dernier en échange d’une politique plus stricte en matière d’immigration.

« Si la question est véritablement : voulez-vous arrêter de travailler ensemble pour résoudre les problèmes majeurs de la Suède parce que j’ai de fortes objections à la diffamation dans la politique suédoise, alors la réponse est non », a déclaré M. Kristersson lors d’une conférence de presse à l’issue du débat.

Le Premier ministre suédois a toutefois souligné qu’il avait exprimé son point de vue à la fois publiquement et lors de conversations privées avec le chef du parti des Démocrates, Jimmie Åkesson.

« [J’ai fait savoir] que je n’aime pas les calomnies, qu’ils doivent répondre aux questions légitimes posées par les médias, les opposants politiques et les partenaires [de la coalition], que je n’aime pas les comptes anonymes », a déclaré M. Kristersson.

Dans le même temps, le Premier ministre a appelé le Parti social-démocrate suédois des travailleurs de l’ancienne Première ministre Magdalena Andersson à modérer sa rhétorique après un échange houleux au Parlement au cours duquel elle a fait référence à des forces internes qui « veulent diviser l’Europe », en citant les Démocrates de Suède et leur utilisation de comptes anonymes.

« C’est une manière de faire qui fait penser à la Russie », a-t-elle déclaré, tandis que le leader du Parti du centre, Muharrem Demirok, a décrit le parti d’extrême droite comme un « cheval de Troie » au sein de la démocratie suédoise et a appelé le Premier ministre à faire quelque chose au sujet des comptes anonymes avant les élections de l’UE.

« Il serait tout à fait déplacé de ma part d’interférer dans le fonctionnement des médias libres dans une démocratie libre », a déclaré M. Kristersson, qui a toutefois nié que toute cette affaire était une « opération d’influence interne de l’establishment gaucho-libéral », comme l’avait qualifiée le parti des Démocrates de Suède.