Le premier ministre suédois met l'UE en garde contre la comptabilité créative

En amont du sommet européen d'hier, le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, a critiqué les idées proposées pour résoudre les problèmes économiques de la zone euro.

EURACTIV.com
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En amont du sommet européen d'hier, le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, a critiqué les idées proposées pour résoudre les problèmes économiques de la zone euro.

M. Reinfeldt s'est montré particulièrement critique vis-à-vis des emprunts obligataires pour le financement de projets (« project bonds ») qui sont entrés dans une phase pilote. Ces « project bonds » ont pour objectif de stimuler les investissements à grande échelle pour les projets d'infrastructure.

« C'est une tentative classique de comptabilité créative via l'utilisation d'argent qui devrait être disponible sur un marché bien financé et puis vous aboutissez à une construction financière qui donne l'impression qu'il y a beaucoup d'argent », a expliqué M. Reinfeldt sur les ondes de la Sveriges Radio.

« Mais il y a un revers de la médaille. Nombreux sont ceux qui s'attendent à ce que ces obligations leur fournissent des investissements, mais peu de gens comprennent qu'ils devront débourser de l'argent au final », a-t-il ajouté.

Le premier ministre suédois a également affirmé que les euro-obligations, une idée soutenue par la France et l'Italie, feraient baisser les coûts d'emprunt pour certains pays de la zone euro, ce qui ne reflèterait plus la situation économique réelle.

« Les taux grimperont sûrement pour l'Allemagne, et, encore plus inquiétant, ils seront trop bas dans de nombreux pays, ce qui ferait disparaître la pression des marchés. Ils auront soudainement accès à ce qui pourrait être considéré comme de l'argent bon marché et pourront investir, même s'ils n'ont pas les ressources pour le faire », a poursuivi le premier ministre.

La Suède est un pays membre de l'UE, mais elle n'a pas adopté l'euro. Pour améliorer la situation économique de l'Union, M. Reinfeldt préfèrerait des accords de libre-échange et une concurrence renforcée au sein de l'UE, notamment dans le domaine des services et de l'économie numérique.