Le Premier ministre suédois répond aux accusations d’« effondrement » de l’ordre public portées par la Viktor Orbán

Ulf Kristersson a accusé son homologue hongrois de mentir après que ce dernier a qualifié la Suède de pays tombé dans la « barbarie » en raison de la criminalité des mineurs.

EURACTIV.com
Meeting of the European Council in Brussels
Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson (à gauche) et Viktor Orban (à droite). [EPA/OLIVIER HOSLET]

« En Suède, 284 mineures ont été arrêtées pour meurtre. Non pas parce qu’elles ont tué quelqu’un ensemble, mais chacune séparément », a affirmé le Premier ministre hongrois Viktor Orbán dans une vidéo publiée lundi 15 septembre. Il s’appuye sur un article du quotidien allemand Die Welt évoquant des gangs recrutant des adolescentes pour commettre des actes violents.

En Suède, la question de la criminalité liée aux gangs est un sujet très sensible, particulièrement dans les grandes villes. Mais les chiffres utilisés par le dirigeant hongrois sont exagérés et sortis de leur contexte.

En effet, l’article ne fait pas état de centaines d’arrestations. Il y est indiqué qu’environ 280 filles âgées de 15 à 17 ans faisaient l’objet d’une enquête pour des crimes violents, notamment des meurtres, des homicides involontaires et des agressions. Selon le Conseil national suédois de prévention de la criminalité, le nombre réel de meurtres confirmés en 2024 était de 92.

Viktor Orbán a utilisé l’exemple suédois pour affirmer que « l’ordre public s’effondre » en Suède et que Stockholm a « quitté la civilisation européenne » ces 15 dernières années.

En réponse, Ulf Kristersson a qualifié la déclaration de son homologue hongrois de « mensonges scandaleux » et l’a attaqué. Il l’a accusé de démanteler l’État de droit en Hongrie tout en diffusant de la désinformation à l’approche des élections nationales d’avril 2026. « [Viktor] Orbán est désespéré », a écrit le Premier ministre suédois sur X.

Ce conflit est le dernier d’une longue série de différends entre les deux gouvernements. La Hongrie a par exemple été le dernier État membre de l’OTAN à ratifier l’adhésion de la Suède à l’Alliance en 2024, retardant à plusieurs reprises le processus en raison d’allégations selon lesquelles Stockholm aurait menti sur le bilan de la Hongrie en matière de démocratie.

Dans son rapport de 2025 sur l’État de droit, la Commission européenne indique que la Hongrie est confrontée à des lacunes systémiques en matière d’indépendance judiciaire et d’intégrité de l’administration publique, et qu’elle connaît des problèmes persistants en matière de pluralisme des médias et de corruption. L’Union européenne a par ailleurs déjà gelé une partie des fonds destinés à la Hongrie pour ces raisons.

(asg)