Le président allemand face au scandale
La controverse sur les arrangements financiers du président allemand, Christian Wulff, continue de faire rage. Il aurait menacé le rédacteur d'un journal populaire pour que celui-ci ne parle pas d'un prêt que lui aurait accordé un homme d'affaires se trouvant être un de ses amis.
La controverse sur les arrangements financiers du président allemand, Christian Wulff, continue de faire rage. Il aurait menacé le rédacteur d'un journal populaire pour que celui-ci ne parle pas d'un prêt que lui aurait accordé un homme d'affaires se trouvant être un de ses amis.
Christian Wulff subit des pressions de toute part pour qu’il explique pourquoi il a tenté d'empêcher la publication d'un article sur des prêts qui lui ont été accordés par certains de ses amis fortunés pour financer sa résidence privée.
Cette controverse, qui a éclaté il y a trois semaines, a pris de l'ampleur cette semaine suite à un appel téléphonique passé le 12 décembre par M. Wulff au plus grand journal allemand, Bild. Il a laissé un message sur la boîte vocale du rédacteur en chef, Kai Diekmann, le menaçant de « guerre » si le journal publiait l'article en question.
Le tabloïd Bild, vendu à 3 millions d'exemplaires par jour, a cependant publié son article
La nouvelle de cet appel téléphonique a été relayée par les publications concurrentes Süddeutsche Zeitung et Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. Le 2 janvier, Bild a expliqué qu'il n'avait pas mentionné les menaces de M. Wulff, celui-ci ayant présenté ses excuses à M. Diekmann.
Face au silence du président, des représentants de l'opposition ont remis en cause ses compétences pour le poste qu'il occupe, mais n'ont toutefois pas directement réclamé sa démission.
Cette controverse ne facilite pas la tâche de la chancelière, Angela Merkel, qui peine déjà à trouver une solution pour sortir de la crise de la zone euro. Selon l'agence DPA, la plupart des personnalités politiques de son parti, l'Union chrétienne-démocrate, se sont refusées à tout commentaire sur ces allégations. Ils ont toutefois affirmé que M. Wulff était un homme politique fort et professionnel et qu'il survivrait à cette crise.
M. Wulff est également membre de ce parti et il est proche de Mme Merkel.
Pour le partenaire minoritaire de la coalition, le parti démocrate libre (FDP), il revient au président de tirer la situation au clair. « Je suis convaincu qu'il y parviendra », a déclaré mardi le secrétaire général du FDP, Patrick Döring, selon Deutsche Welle.
L'élection de M. Wulff en juin 2010 a représenté une humiliation pour Mme Merkel. En Allemagne, le poste de président est surtout honorifique et le chef d'État est élu au parlement. Il a toutefois fallu trois tours de vote pour élire Christian Wulff et lors du premier tour, 44 membres du parti de la chancelière ont voté contre lui, ce qui a affaibli le pouvoir de Mme Merkel.
Le prédécesseur de M. Wulff, Horst Köhler, avait démissionné contre toute attente le 31 mai 2010 suite à un « commentaire déplacé » qu'il avait prononcé à propos de l'action militaire allemande à l'étranger.
Ce n'est pas la première fois que M. Wulff tente d'empêcher la publication d'un article depuis son arrivée au pouvoir, selon les médias allemands. En juin 2011, il aurait déjà tenté d'empêcher le journal Welt am Sonntag de publier un article portant sur sa demi-sœur.
Le Financial Times Deutschland a déclaré que M. Wulff n'était pas à la hauteur de son rôle de président de l'Allemagne et qu'il devait démissionner.
« Sa crédibilité a été entachée par cette série d'erreurs », a écrit le grand quotidien.