Le président argentin Javier Milei critique Pedro Sánchez et rencontre très brièvement Olaf Scholz

Entre une nouvelle attaque contre Pedro Sánchez, une allusion à son épouse et à son frère soupçonnés de corruption, et une très brève rencontre avec Olaf Scholz, le président argentin Javier Milei semble évoluer sur un terrain diplomatique glissant.

EFE avec EURACTIV.com
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La présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, a reçu le président de l'Argentine, Javier Milei vendredi (21 juin). [EFE]

Entre une nouvelle attaque contre le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez, une allusion à son épouse et à son frère soupçonnés de corruption, et une très courte rencontre à Berlin avec le chancelier socialiste allemand Olaf Scholz, le président argentin Javier Milei semble évoluer sur un terrain glissant avec des dirigeants aux tendances politiques différentes.

Les commentaires de M. Milei interviennent au milieu d’une crise diplomatique entre les deux pays qui a débuté lors de sa dernière visite privée en Espagne en mai.

« Quelle racaille est parvenue au pouvoir ! Même avec une femme corrompue, il se salit et met cinq jours à y penser », avait alors déclaré M. Milei à propos de M. Sanchez (PSOE, S&D), après que le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a laissé entendre que M. Milei avait consommé des « substances ».

Alors que les tensions restaient vives, la présidente régionale de droite de Madrid, Isabel Díaz Ayuso a décerné à M. Milei la médaille de Madrid, ce qui a provoqué une forte réaction et un grand malaise au sein du cabinet de M. Sánchez, avec des accusations répétées de « déloyauté » institutionnelle.

M. Milei a continué à s’en prendre à M. Sanchez, en faisant allusion à sa femme Begoña Gómez et à son frère David. « La discrétion joue toujours des tours, il y a toujours des fuites. (L’économiste Claude) Bastiat évoquait les mains poreuses des responsables politiques. Peut-être que ce n’est pas directement l’homme politique, peut-être que c’est son frère, son partenaire ou autre […] et si quelqu’un veut comprendre, qu’il comprenne », a-t-il déclaré.

Les commentaires de Milei font référence à la décision d’un juge espagnol en avril, d’enquêter sur Begoña Gómez après que le « syndicat » autoproclamé d’extrême droite Manos Limpias (Mains propres) a déposé une plainte, basée sur des rapports de presse, pour trafic d’influence et corruption présumés. Le bureau du procureur général espagnol a demandé de classer l’affaire.

Un autre tribunal a récemment ouvert une enquête sur le frère de M. Sánchez pour détournement de fonds, corruption et trafic d’influence présumés, également après une plainte de Manos Limpias.

Dans son discours de vendredi (21 juin), M. Milei a également mis en garde contre les « risques », la « décadence » et les « catastrophes » du socialisme, exhortant les citoyens à ne pas laisser leurs vies être ruinées par ses politiques. Il a sévèrement critiqué le concept de « justice sociale » de la gauche, le qualifiant de « vraiment aberrant ».

« La vérité est que la justice sociale est profondément injuste et violente ; elle prend aux uns et donne aux autres, précédée d’un vol parce que les impôts sont payés sous la menace d’une arme, que vous allez en prison si vous ne payez pas, et qu’il y a une inégalité de traitement devant la loi », a-t-il ajouté.

Citant M. Sánchez, M.Milei a ajouté d’un ton moqueur : « Si les socialistes comprenaient l’économie, ils ne seraient pas socialistes ».

Comme lors de sa précédente visite, M. Milei n’a pas rencontré le gouvernement espagnol, puisque Mme Díaz Ayuso l’a rencontré et lui a remis la médaille de Madrid.

Une bataille « libertaire » contre les socialistes

Entre-temps, M. Milei s’est également rendu en Allemagne au cours du week-end et a rencontré le chancelier allemand Olaf Scholz, du parti socialiste SPD, dimanche.

Bien que la rencontre n’ait duré qu’une heure environ — et qu’une cérémonie prévue avec les honneurs militaires ainsi qu’une conférence de presse conjointe entre les deux dirigeants aient été annulées — c’était la première fois que Milei rencontrait un homologue d’une idéologie politique différente lors d’une visite à l’étranger.

« Il s’agit d’une très courte réunion de travail, à la demande expresse du président argentin », a indiqué vendredi le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Hebestreit, ajoutant que c’était M. Milei qui avait rejeté la possibilité d’une conférence de presse commune, a rapporté EFE.

La veille, le président argentin a prononcé un discours dans lequel il a accepté la médaille qui lui a été décernée par la société néolibérale Hayek à Hambourg.

Dans son discours, il a déclaré avoir gagné la bataille contre les socialistes (membres du parti de gauche populiste kirchneriste, une variante du péronisme), qui, selon lui, sont « si violents » parce que leur recette libérale pour réduire l’inflation et stimuler la reprise économique fonctionne.

« Non seulement nous avons mené la bataille culturelle, mais nous la menons maintenant dans les faits. La raison pour laquelle les socialistes sont si violents, c’est parce que cela fonctionne et que cela tombe […] », a-t-il déclaré, notant qu’il avait hérité d’un déficit budgétaire équivalent à 15 % du PIB du pays de la part du précédent gouvernement populiste de gauche.

« Il est évident que cela n’allait pas se faire sans frais. Mais nous avons toujours dit aux gens en face qu’il n’y avait pas d’argent, que [l’ajustement] allait être difficile, que le début allait être compliqué », a précisé le président.