Le président chypriote critique les solutions de l’UE à la crise économique

La réponse de l’UE à la crise économique actuelle a aggravé l’injustice sociale et n’a pas réussi à apporter des solutions durables, a indiqué le président chypriote, Demetris Christofias, dans son message du Nouvel An. Chypre était à la tête de la présidence tournante du Conseil de l’UE au cours du deuxième semestre de 2012.

EURACTIV.com
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La réponse de l’UE à la crise économique actuelle a aggravé l’injustice sociale et n’a pas réussi à apporter des solutions durables, a indiqué le président chypriote, Demetris Christofias, dans son message du Nouvel An. Chypre était à la tête de la présidence tournante du Conseil de l’UE au cours du deuxième semestre de 2012.

 

Lors d’un message télévisé, M. Christofias a affirmé que l'année dernière avait été le théâtre d'une aggravation de la crise économique mondiale. Cette crise a menacé de faire chuter des institutions et leurs valeurs et le taux de chômage, la pauvreté et la privation ont empiré dans toute l'Europe.

 

« Il faut reconnaître que les politiques mises en place à un niveau paneuropéen n'ont pas réussi à apporter une solution aux problèmes économiques générés par la crise. Au contraire, elles ont relancé et aggravé le cycle de l'injustice économique et sociale », a-t-il déclaré, selon Cyprus Mail.

 

« Cette situation décrite aujourd'hui par de nombreux pays européens n'honore pas l'Union européenne. L'avenir d’une Europe unie ne peut pas résider dans la pauvreté, les privations, le chômage et l’absence de domicile », a-t-il ajouté.

 

Le président a indiqué qu'une approche partiale des mesures d'austérité et la récession actuelle menaient à une impasse au sein des économies européennes.

 

Il a demandé d'adopter une approche différente qui mettait l'accent sur la croissance économique, la cohésion sociale et une véritable solidarité au sein de l'Union européenne. « C'est avec tristesse que nous constatons que cette politique est toujours absente », a-t-il poursuivi.

 

M. Christofias est le seul communiste parmi les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne. Lorsqu’il était président du Conseil de l'UE, il s'est abstenu en grande partie de faire part de ses idéologies. Une fois, il a cependant déclaré qu'il n'accepterait pas un renflouement des prêteurs internationaux (voir « Contexte »), si ce dernier impliquait des privatisations et des coupes dans les aides sociales.

 

Le président chypriote a aussi mis en exergue les objectifs de base atteints lors des négociations avec la troïka des prêteurs, à savoir la Commission, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

 

Nicosie a évité la privatisation d'« organisations semi-publiques rentables que la troïka prônait » et a assuré le maintien d'une allocation de vie chère et d'un 13e mois », a-t-il affirmé.

 

Selon certaines sources, seuls les fonctionnaires ont bénéficié cette année du paiement d'un mois supplémentaire.

 

M. Christofias a tenu l'inaction de la Turquie et de Dervi? Ero?lu, le président de la République turque de Chypre, pour uniques responsables de l'impasse des négociations sur la réunification de l'État insulaire. Il a ajouté que des avancées avaient été engrangées au cours des négociations sous sa direction.

 

Il a également précisé que les réserves de gaz naturel récemment découvertes dans la zone économique maritime chypriote étaient un « fait qui donne de grands espoirs à notre peuple » [plus d'infos].

 

Demetris Christofias a été élu en 2008 et a déclaré qu'il n'envisageait pas de briguer un second mandat lors de l'élection présidentielle prévue le 17 février.