Le président croate tente d’apaiser les tensions avec la Serbie

Le président croate, Ivo Josipovi?, a déclaré qu'il souhaitait conclure un accord avec la Serbie afin d'apaiser les tensions avec son voisin qui a accusé des citoyens croates de crime de guerre lors des guerres fratricides qui ont eu lieu entre 1991 et 1995.

EURACTIV.com
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Le président croate, Ivo Josipovi?, a déclaré qu'il souhaitait conclure un accord avec la Serbie afin d'apaiser les tensions avec son voisin qui a accusé des citoyens croates de crime de guerre lors des guerres fratricides qui ont eu lieu entre 1991 et 1995.

Selon l'agence de presse croate HINA, M. Josipovi? a déclaré qu'il était préférable que la Croatie entame des négociations, plutôt que de promulguer des lois comme celle récemment adoptée sur l'annulation des inculpations pour crime de guerre prononcées par la Serbie.

Cette loi avait été rédigée à la hâte après que la Serbie a délivré des actes d'accusation de crime de guerre contre des citoyens croates, dont d'éminentes figures politiques, telles que Vladimir Šeks, l'ancien président du parlement et membre du parti HDZ de centre-droit qui gouverne la Croatie.

La Commission européenne avait alors appelé à la prudence s'agissant du souhait du gouvernement croate de promulguer cette loi début octobre.

M. Josipovi? a déclaré lundi qu'un accord bilatéral mettrait fin aux poursuites non fondées de vétérans croates et permettrait de continuer à coopérer sur la question des crimes de guerre.

« Je demande au gouvernement [croate] que nous agissions ensemble », a affirmé M. Josipovi?, cité dans la presse. Il a de nouveau insisté sur le fait que selon lui, cette nouvelle loi nuisait au pays, dans la mesure où elle ne permettrait pas d'éviter la poursuite des vétérans sans motif raisonnable.

M. Josipovi?, qui fait partie des socio-démocrates, est en conflit avec la première ministre, Jadranka Kosor, la dirigeante du HDZ, alors que les élections législatives sont prévues pour le mois de décembre.

M. Josipovi? a affirmé qu'il demanderait à la Cour constitutionnelle d'examiner cette nouvelle loi, car selon lui, elle entrave la coopération entre les procureurs croates et serbes qu'il qualifie de fructueuse. M. Josipovi? a affirmé que cette mesure pourrait également entacher les relations entre la Croatie et la Serbie, ajoutant que Bruxelles n'était pas sûre que Zagreb souhaite réellement renforcer l'Etat de droit.

La Croatie a clôturé ses négociations d'adhésion à l'UE, mais elle restera sous contrôle s'agissant de ses progrès dans le domaine de l'Etat de droit jusqu'à son adhésion, prévue pour le 1er juillet 2013. Son traité d'adhésion devrait être signé le 19 décembre à Varsovie.

M. Josipovi? a déclaré qu'il convoquerait des élections après avoir consulté le parlement, ajoutant qu'il pourrait annoncer la date du prochain scrutin vendredi.