Le président du Kazakhstan appelle à la renaissance de l’Asie centrale en tant que passerelle entre l’Asie et l’UE
Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, a appelé l’Asie centrale à se positionner en tant que lien entre l’Asie et l’Europe et en tant qu’acteur régional distinct dans les relations internationales.
Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, a appelé l’Asie centrale à se positionner en tant que lien entre l’Asie et l’Europe et en tant qu’acteur régional distinct dans les relations internationales.
Dans un nouvel article d’opinion intitulé The Renaissance of Central Asia : Towards Sustainable Development and Prosperity (La renaissance de l’Asie centrale : vers le développement durable et la prospérité), le président kazakh affirme que la région a agi « comme une arène géopolitique et spirituelle unique, dotée de ressources naturelles importantes, d’une capacité humaine substantielle et d’un patrimoine culturel et historique infini ».
Alors que les républiques d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan) devaient devenir des « États en faillite » en raison des nombreux défis de modernisation auxquels elles étaient confrontées, le président Tokayev a déclaré que « les nations de la région ont prouvé leur valeur » et ont pris la « place qu’elles méritaient » dans la communauté internationale.
Gagner du poids au niveau politique
Kassym-Jomart Tokayev décrit l’émergence de nouvelles plateformes de dialogue au format « CA plus » pour souligner le poids politique croissant de la région dans la politique internationale, avec neuf sommets et réunions de haut niveau dans ce format.
Il a expliqué que d’autres pays et organisations internationales avaient manifesté leur intérêt à interagir dans ce format, le prochain sommet se tenant pour la première fois avec le Japon, plus tard dans l’année.
Maintenir des valeurs traditionnelles et les combiner avec un effort de modernisation et des connaissances avancées, c’est ce qui définit le cap du développement de l’Asie centrale. D’après le président Tokayev, toute l’attention est aujourd’hui focalisée sur le renforcement du rôle de la région en tant qu’épicentre eurasien des transformations géopolitiques et géoéconomiques internationales.
Les cinq États composant la région ont développé une stratégie pragmatique pour les relations de politique étrangère et participent désormais à part entière aux processus mondiaux, promouvant activement leurs idées et leurs projets dans des structures multilatérales ou finançant des organisations influentes.
« Nous pouvons ainsi parler avec confiance des “Cinq d’Asie centrale” en tant que groupe de pays en développement constant et autosuffisants au cœur du continent eurasien », explique Kassym-Jomart Tokayev.
La région s’est transformée en une zone de coopération bénéfique, avec un potentiel de commerce, d’investissement, de transport et de communication qui se développe de manière dynamique, contribuant à augmenter le volume des échanges intérieurs et mutuels.
La création de coentreprises fait l’objet d’une grande attention dans des domaines comme l’industrie, l’énergie, l’agriculture, les transports et la numérisation, et un plan d’action a été approuvé plus tard cette année par les États d’Asie centrale.
Coopération en matière de défense et de sécurité
Dans la vision du président Tokayev, la complexité permanente de la situation militaire et politique le long de la périphérie de l’Asie centrale ouvre la voie à une collaboration en matière de politique de défense et de sécurité.
Dans son article d’opinion, le président kazakh conseille de poursuivre les stratégies globales pour répondre aux préoccupations essentielles « dans la lutte contre les menaces traditionnelles et émergentes », ainsi que « la collaboration active avec les Nations Unies et d’autres organisations internationales et régionales ».
Ce type de stabilité crée un espace sûr pour développer davantage le potentiel économique et renforcer les liens de coopération entre les pays d’Asie centrale. La région offre désormais des opportunités pour le commerce, l’investissement, la science et l’innovation.
Diversification et expansion des marchés
Des ressources comme l’uranium, le pétrole et le gaz naturel, qui sont concentrées dans la région, représentent l’opportunité de disposer de fondations solides pour la résilience aux chocs externes et la diversification des cycles de commerce et de production, selon Kassym-Jomart Tokayev.
Continuer à développer la logistique de transport et des centres de transit peut faire de l’Asie centrale l’une des régions les plus importantes de la planète en matière de communications de transport mondiales.
De nouveaux corridors de transport, comme la route de transport international transcaspienne dans laquelle le Kazakhstan et ses partenaires sont activement impliqués, peuvent entraîner une hausse du volume de transport. D’autres routes sont en cours d’exploration pour ouvrir des portes à des marchés prometteurs dans les ports d’Asie du Sud et de l’océan Indien.
Stimuler la coopération régionale
Le président Tokayev considère la sécurité alimentaire et la transition vers une économie verte comme des domaines importants pour rendre la région indépendante malgré les crises géopolitiques et contribuer à réduire les effets négatifs du changement climatique mondial.
Son propre pays s’est engagé à augmenter sa part de sources d’énergie renouvelable à 15 % d’ici 2030 et s’est fixé l’objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. Kassym-Jomart Tokayev soutient que ce type d’engagement contribuerait à la sécurité énergétique et à la création d’emplois.
Autre domaine dans lequel le Kazakhstan est précurseur : le développement de la coopération interuniversitaire, avec l’ouverture de branches interuniversitaires et de facultés communes.
L’objectif est de faire du Kazakhstan un centre éducatif régional, et le président compare ici l’âge moyen de la région (28,7 ans) à celui d’autres régions comme l’Amérique du Nord (41,5 ans), l’Europe (46,8 ans) ou la Chine (48 ans). Cette ressource est des plus précieuses pour sa jeune génération intellectuelle.
Kassym-Jomart Tokayev conclut qu’une Asie centrale prospère est un Kazakhstan prospère, et son pays « est prêt à aller plus loin dans les processus d’intégration, dans la mesure où nos partenaires et alliés stratégiques dans la région sont prêts ».