Le président du PPE Manfred Weber fait des remous en Pologne
Suite aux propos controversés de Manfred Weber, député européen allemand et président du PPE, sur la politique du parti polonais au pouvoir PiS, son chef, Jarosław Kaczyński, n'a pas manqué de marquer son indignation dimanche et a appelé le parti d'opposition Plateforce civique à se désolidariser du PPE.
Suite aux propos controversés de Manfred Weber, député européen allemand et président du Parti populaire européen (PPE), sur la politique du parti polonais au pouvoir PiS, son chef, Jarosław Kaczyński, n’a pas manqué de marquer son indignation dimanche (2 juillet) et a appelé le parti d’opposition Plateforce civique à se désolidariser du PPE.
Manfred Weber, président du PPE et député européen allemand, avait expliqué dans le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung vouloir tout faire pour devenir un rempart à « l’extrême droitisation » du parti polonais au pouvoir PiS, et ramener ainsi la Pologne vers l’Europe, a-t-il souligné.
« Ces mots sont très mal perçus en Pologne. Je suis surpris qu’il [M. Weber] parle ainsi, mais qu’à moitié, car je sais comment sont les Allemands », a déclaré M. Kaczyński aux partisans de son parti lors du rassemblement de dimanche à Spała, dans le centre de la Pologne, cité par la radio publique polonaise.
Il a souligné que les partis d’opposition polonais affiliés au PPE, à savoir la Plateforme civique (PO) et le Parti populaire (PSL), n’ont pas exprimé leur soutien à la déclaration de M. Weber, arguant que « bien au contraire, ils tentent de s’en dissocier ».
Toutefois, selon M. Kaczyński, « pour rester fiable », la PO aurait dû quitter le PPE immédiatement après la publication de l’entretien de M. Weber, ou au moins exiger la démission de M. Weber.
Dans sa déclaration concernant la capacité de la PO à remplacer le PiS, M. Weber a indiqué que la PO était le plus grand parti d’opposition et le seul parti à avoir de réelles chances de l’emporter sur le PiS lors des prochaines élections qui se tiendront en octobre ou début novembre.
Bien que le PiS reste susceptible de s’assurer un troisième mandat consécutif au pouvoir, son avantage sur la Coalition civique emmenée par la PO est tombé à cinq pourcents, selon le dernier sondage réalisé par l’institut Ipsos pour le magazine de droite Do Rzeczy.
Les responsables politiques du PiS et les médias soutiennent le gouvernement et n’ont pas apprécié que le président et cofondateur de la PO, l’ancien président du Conseil européen Donald Tusk, n’ait fait aucun commentaire suite à la déclaration de M. Weber.
Le porte-parole du PiS, Radosław Fogiel, a accusé le PPE de tenter d’influencer les résultats des élections polonaises, tandis que l’eurodéputé PiS Ryszard Czarnecki a affirmé que les propos de M. Weber rappelaient l’occupation allemande de la Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale.
Plus tôt cette année, un autre eurodéputé du PiS et vice-président des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), Zdzisław Krasnodębski, avait confié à EURACTIV Pologne qu’il n’excluait pas une coopération potentielle entre le CRE et le PPE.
Selon lui, la PO et le PSL seraient très probablement opposés à la coopération avec le PiS à l’échelle de l’UE, bloquant ainsi toute collaboration entre les deux groupes du Parlement européen.