Le président élu promet de « restaurer la crédibilité de Chypre »
Nicos Anastasiades, grand vainqueur du second tour des élections organisées hier (24 février), a promis de « restaurer la crédibilité de Chypre ». Il est confronté à des semaines de négociations difficiles avec les bailleurs de fonds étrangers sur un plan de sauvetage financier pour l’État.
Nicos Anastasiades, grand vainqueur du second tour des élections organisées hier (24 février), a promis de « restaurer la crédibilité de Chypre ». Il est confronté à des semaines de négociations difficiles avec les bailleurs de fonds étrangers sur un plan de sauvetage financier pour l’État.
Connu pour son style direct et son ouverture frappante vis-à-vis des responsables politiques européens clés, comme la chancelière allemande Angela Merkel, Nicos Anastasisades a remporté 57,5 % des voix, devançant de 15 points son rival Stavros Malas soutenu par des communistes détracteurs de l'austérité.
Les résultats décisifs ont montré que les Chypriotes soutenaient une approche agressive, favorable à un renflouement en vue de résoudre la crise financière nationale, malgré le découragement grandissant face aux mesures d'austérité qui accompagneront tout plan de sauvetage.
Dans ses premiers commentaires à la suite de sa victoire, M. Anastasiades a promis de conclure rapidement un accord avec les bailleurs de fonds internationaux et de rapprocher Chypre de l'Europe. Il se distancie ainsi du gouvernement communiste précédant qui avait d'abord demandé de l'aide à la Russie avant de se tourner vers l'UE.
« Nous voulons que l'Europe soit à nos côtés. Nous serons tout à fait cohérents et nous honorerons nos promesses. Chypre appartient à l'Europe », a-t-il déclaré tout sourire à ses partisans en liesse. « Nous restaurerons la crédibilité de Chypre en Europe et dans le monde. J'en fais la promesse devant vous. »
M. Anastasiades, qui prêtera serment jeudi et entrera en fonction le 1er mars, aura peu le temps de célébrer sa victoire.
Des responsables européens veulent conclure un renflouement d'ici la fin du mois de mars, mais l'avocat de 66 ans devra d'abord surmonter les craintes de l'Allemagne qui estime que Chypre est une plateforme pour le blanchiment d'argent russe et que l'île ne pourra jamais rembourser ses dettes.
Les marchés financiers espéraient une victoire de Nicos Anastasiades afin d'accélérer un plan de sauvetage commun entre l'Union européenne et le Fonds monétaire international avant que Chypre ne tombe à court de liquidités et ne sape le retour fragile de la confiance dans la zone euro.
Les négociations sur le sauvetage de Nicosie traînent en longueur depuis juin 2012, après qu'une restructuration de la dette souveraine grecque a entraînée des pertes pour ses banques. L'État insulaire devrait avoir besoin de près de 17 milliards d'euros d'aide, environ la taille de son économie entière.
En théorie, toutes les options de sauvetage, allant d'un prêt d’urgence à une réduction de la dette ou des pertes importantes pour les déposants, s'avèrent inacceptables parce que la dette chypriote atteindrait des taux ingérables ou risquent de ralentir les investissements dans le reste de l'Union européenne.
L’Allemagne doute de l'engagement de Chypre à lutter contre le blanchiment d'argent, et de ses liens financiers étroits avec la Russie, qui a accordé un prêt supplémentaire de 2,5 milliards d'euros à l’État insulaire, ce qui complique davantage les négociations.
Aide de Bruxelles
José Manuel Barroso, le président de la Commission, a fait savoir qu'il s'était entretenu avec Nicos Anastasiades après sa victoire et l'avait assuré de la volonté de l'Union d'aider Chypre à surmonter ses problèmes.
Dans un changement évident par rapport à son prédécesseur qui s’opposait à tout lien avec l'OTAN, M. Anastasiades a déclaré que l'une de ses premières missions serait le dépôt de la candidature de son pays à un partenariat pour la paix de l'OTAN.
Le gouvernement communiste chypriote a tenu l'OTAN responsable d'une prétendue conspiration qui visait à scinder l’île en 1974, lorsque elle était divisée entre Chypriotes grecs et turcs.