Le président portugais soumet le budget de son pays à la Cour constitutionnelle

Lors de son discours du nouvel an, le président portugais, Aníbal Cavaco Silva, a déclaré qu’il soumettrait le budget 2013 controversé de son pays à la Cour constitutionnelle. Cette décision pourrait menacer le plan de sauvetage de 78 milliards d’euros du FMI et de la zone euro.

EURACTIV.com
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Lors de son discours du nouvel an, le président portugais, Aníbal Cavaco Silva, a déclaré qu’il soumettrait le budget 2013 controversé de son pays à la Cour constitutionnelle. Cette décision pourrait menacer le plan de sauvetage de 78 milliards d’euros du FMI et de la zone euro.

 

« À ma demande, la Cour constitutionnelle se réunira pour décider de la conformité du budget 2013 avec la Constitution de la République », a déclaré le président. Il a ajouté que le budget ne traitait pas les citoyens de manière équitable, car certains sont plus touchés que d'autres.

 

Anibal Cavaco Silva a occupé les fonctions de premier ministre à deux reprises. Il est le premier président portugais de centre-droit élu depuis la révolution des Œillets en 1974. Dans son discours, il a aussi indiqué que le pays subissait le cercle vicieux de l'austérité et de la récession. Il a ajouté que la dette extérieure du Portugal, actuellement deux fois plus élevée que la production annuelle du pays, était insoutenable.

 

Le président a promulgué le budget le 31 décembre. Celui-ci comprend les hausses d'impôts les plus importantes de mémoire d'homme, selon Reuters. Cette décision implique que le budget entre en vigueur dès le 1er janvier, en attendant une décision de la Cour.

 

Le gouvernement de centre-droit du premier ministre, Pedro Passos Coelho, a indiqué que la hausse des impôts sans précédent était nécessaire pour que le pays respecte les conditions du plan de sauvetage de la zone euro.

 

Selon la BBC, les augmentations d'impôts entrées en vigueur le 1er janvier équivalent à plus d'un mois de salaire pour la plupart des travailleurs portugais. Une grève générale a déjà eu lieu et des manifestations dans les rues sont devenues monnaie courante, selon Euronews. Le taux de chômage atteint 16 %.

 

L'opposition socialiste a déjà mis en doute la validité des hausses d'impôts et a menacé de les soumettre à la Cour constitutionnelle si le président ne le faisait pas.

 

L'année dernière, la Cour s'est prononcée contre des coupes prévues dans les primes accordées aux fonctionnaires, ce qui a obligé le gouvernement à trouver d'autres sources de revenus.