Le Rassemblement national place le Premier ministre Michel Barnier « sous surveillance »
Le Premier ministre Michel Barnier ne sera pas tout de suite censuré par le RN, ont annoncé ce weekend Marine Le Pen et Jordan Bardella, reconnaissant qu’il partage certaines de leurs idées. Ils le placeront toutefois « sous surveillance » et « jugeront sur pièce » les actions du futur gouvernement.
Le Premier ministre Michel Barnier ne sera pas tout de suite censuré par le Rassemblement national (RN), ont annoncé ce weekend Marine Le Pen et Jordan Bardella, reconnaissant qu’il partage certaines de leurs idées. Ils le placeront toutefois « sous surveillance » et « jugeront sur pièce » les actions du futur gouvernement.
Alors que le nouveau Premier ministre Michel Barnier a été chargé le 5 septembre de former un gouvernement, l’eurodéputé et président du RN Jordan Bardella a annoncé samedi, lors d’un déplacement à la foire agricole de Châlons, que « les sujets du Rassemblement national » devront être pris en compte et que son parti le jugerait « sur pièce ».
Fort de sa position de parti majoritaire à l’Assemblée nationale (126 députés sur 577), le parti d’extrême droite se pose en arbitre du jeu parlementaire et attend le dévoilement du programme du futur gouvernement pour se prononcer.
En effet, le président des Patriotes pour l’Europe au Parlement européen ne souhaite pas participer « au désordre institutionnel et au chaos démocratique » en censurant d’emblée le futur gouvernement, contrairement à une partie de la gauche, a-t-il déclaré samedi 7 septembre au journal de 20 heures de TF1.
Le même jour, La France Insoumise (LFI) a appelé à manifester dans des dizaines de villes pour dénoncer la nomination d’un Premier ministre de droite, alors que l’alliance du Nouveau Front Populaire a obtenu la majorité des voix à l’Assemblée nationale. Le mot d’ordre était la destitution d’Emmanuel Macron.
110 000 manifestants ont défilé dans le pays, selon les autorités, contre 300 000 selon les organisateurs du mouvement.
Des idées en commun
« Michel Barnier semble avoir, sur l’immigration, le même constat que le nôtre », a rappelé Marine Le Pen, cheffe des députées RN à l’Assemblée nationale, dans un entretien à La Tribune Dimanche.
Elle déclare être reconnaissante auprès d’Emmanuel Macron d’avoir « tenu compte des critères du RN » dans le choix du Premier ministre.
En 2021, alors qu’il était candidat des primaires des Républicains (LR), Michel Barnier avait en effet tenu des discours contre immigration, jusqu’à défendre la primauté du droit national sur le droit européen en matière de politique migratoire.
«On ne répare rien, on ne construit rien sans sécurité et si ce sont les passeurs et les juges qui décident qui peut entrer en France et qui peut y rester», expliquait-il au Figaro en novembre 2021.
« Sous surveillance »
« Si [Michel Barnier] est le nouveau prête-nom du macronisme et qu’il poursuit la politique qui a été conduite par Emmanuel Macron et qui a été très sévèrement sanctionnée dans les urnes en juillet, alors ce gouvernement tombera », a toutefois menacé Jordan Bardella samedi soir, après avoir annoncé que le Premier ministre était maintenant « sous surveillance ».
Cet avertissement a été réitéré par Marine Le Pen dimanche. « Maintenant, nous attendons de lui des actes. Il l’a dit lui‑même lors de la passation des pouvoirs : moins dire, plus faire », a-t-elle martelé.
En marge de son premier déplacement, le Premier ministre a répondu être « sous la surveillance de tous les Français » et « de tous les groupes politiques », a-t-il précisé, prônant l’unité depuis le début de sa prise de fonction.
Dans La Tribune Dimanche, il déclare promouvoir une « culture du compromis dynamique, où chacun garde son identité ». « J’écouterai tout le monde », poursuit-il dans le Journal du dimanche.