Le ressentiment slovaque alimenté par la loi sur la citoyenneté hongroise

Le Parlement hongrois, largement dominé par le parti de centre droit Fidesz suite aux élections nationales du mois d'avril, a adopté hier (26 mai) une loi rendant plus aisé pour les personnes d'origine hongroise vivant à l'étranger d'obtenir la citoyenneté hongroise. Cette décision a déclenché la colère de la Slovaquie voisine.

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Le Parlement hongrois, largement dominé par le parti de centre droit Fidesz suite aux élections nationales du mois d'avril, a adopté hier (26 mai) une loi rendant plus aisé pour les personnes d'origine hongroise vivant à l'étranger d'obtenir la citoyenneté hongroise. Cette décision a déclenché la colère de la Slovaquie voisine.

La loi hongroise a été approuvée presque à l'unanimité, avec 344 votes pour, 3 votes contre et 5 abstentions, lors d'un vote suivi par de longs applaudissements.

Presque simultanément, la Slovaquie a voté un amendement à sa propre loi de citoyenneté, retirant la nationalité slovaque à quiconque demanderait la nationalité hongroise.

Près de 500 000 personnes d'origine hongroise vivent en Slovaquie du sud, soit près d'un dixième de la population du pays (5,4 millions d'habitants). De nombreuses personnes d'origine hongroise vivent en Slovaquie et en Roumanie, conséquence du démembrement de l'Empire austro-hongrois à la fin de la Première guerre mondiale.

Le dirigeant slovaque Robert Fico a qualifié la décision hongroise de menace à la sécurité de son pays, selon la BBC. Il a affirmé devant le parlement de son pays mardi que la Hongrie tentait de revisiter l'Histoire, et il a accusé le pays voisin d'ignorer de manière grossière le traité d'amitié bilatéral qui les unit.

Le projet d'amendement slovaque affirme également que le fait d'occuper une fonction publique en République slovaque est lié au fait de détenir la nationalité du pays.

A côté du cas hongrois, la double nationalité est en général autorisée en Slovaquie.

Le parti de coalition des hongrois slovaques (SMK) a salué l'adoption de la loi de citoyenneté amendée par le parlement hongrois.

Le SMK estime que l'hystérie provoquée par l'adoption de cette loi au sein du cabinet slovaque est inappropriée et exagérée, écrit le parti dans un communiqué repris par l'agence SITA.

Mais de nombreux hommes politiques slovaques affirment qu'ils considèrent l'idée d'une double citoyenneté pour leurs ressortissants d'origine hongroise comme une attaque contre la souveraineté du petit pays.

Des élections nationales auront lieu en Slovaquie le 12 juin. Le parti SMER de centre gauche du premier ministre M. Fico devrait les remporter, mais il pourrait avoir des difficultés à former une coalition.

Les derniers sondages montrent qu'il pourrait même être devancé par une coalition large de cinq partis de centre droit de différents courants.

Le pays, qui a rejoint la zone euro l'an dernier, doit réduire son déficit budgétaire, limiter un fort taux de chômage, améliorer la mise en œuvre des lois ainsi que l'environnement des affaires. La corruption reste une question brûlante, selon les partis d'opposition.

Les chrétiens démocrates (KDH) ont déclaré qu'ils préféraient une coalition large d'opposition à une quelconque coopération avec M. Fico.

Le KDH n'entrera pas en relation postélectorale de gouvernement avec le SMER, a déclaré Jan Figel, chef des chrétiens démocrates aux journalistes.

Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour la victoire d'une alternative de centre droit, a-t-il ajouté.

(EURACTIV avec agences).