Le roi d’Espagne propose un candidat de centre droit au poste de Premier ministre malgré un nombre de voix insuffisant
Le roi d’Espagne a proposé mardi Alberto Núñez Feijóo comme candidat à l’investiture en tant que nouveau Premier ministre, bien que sa formation conservatrice n’ait pas recueilli suffisamment de voix pour atteindre la majorité requise au parlement.
Le roi Felipe VI d’Espagne a proposé mardi (22 aout) le chef du Parti populaire (PP, PPE) de centre droit, Alberto Núñez Feijóo, comme candidat à l’investiture en tant que nouveau Premier ministre, bien que sa formation conservatrice n’ait pas recueilli suffisamment de voix pour atteindre la majorité requise au parlement.
Le PP de M. Feijóo a remporté les élections générales anticipées qui se sont tenues le 23 juillet dans le pays ibérique, mais son parti, principale force d’opposition, n’a pas obtenu la majorité absolue (176 sièges dans un parlement de 350).
Le leader du PP peut compter sur 172 votes, y compris le soutien parlementaire du parti d’extrême droite VOX, de l’Union du peuple navarrais (UPN) de centre droit et de la Coalition Canarienne, mais ceux-ci ne sont pas suffisants pour atteindre l’objectif, a rapporté le partenaire d’EURACTIV, EFE.
Mardi soir, M. Núñez Feijóo a remercié le roi Felipe VI pour sa décision de le proposer comme candidat à l’investiture et a souligné qu’il défendrait le changement, la stabilité et la « modération » politique.
« Nous donnerons une voix aux plus de 11 millions de citoyens qui souhaitent le changement, la stabilité et la modération avec un gouvernement qui défend l’égalité de tous les Espagnols », a écrit M. Feijóo sur son compte X (anciennement Twitter).
La Maison royale d’Espagne a expliqué dans un communiqué de presse que la décision du roi de proposer Alberto Núñez Feijóo comme candidat, bien qu’il ne dispose pas d’une majorité suffisante pour son investiture, est conforme à la « coutume » qui consiste à proposer le candidat qui a obtenu le plus de sièges aux élections générales.
Le roi, conformément à la Constitution espagnole, a entamé lundi une série de consultations afin de déterminer lequel des deux principaux candidats à l’investiture, M. Núñez Feijóo et le Premier ministre par intérim et dirigeant socialiste, M. Pedro Sánchez (PSOE, S&D), pourraient obtenir suffisamment de voix pour devenir le nouveau chef de l’exécutif du pays.
M. Sánchez et M. Núñez Feijóo ont tous deux exprimé mardi devant le monarque espagnol leur volonté d’être candidats.
M. Sánchez a indiqué au monarque que son parti « est en mesure de recueillir le soutien parlementaire nécessaire » pour former une nouvelle coalition progressiste composée du PSOE et du bloc progressiste Sumar.
Toutefois, le roi a choisi de proposer le candidat le plus soutenu à l’heure actuelle, car M. Sánchez n’a obtenu que 152 sièges (PSOE et Sumar) et doit encore forger des alliances complexes avec plusieurs forces régionales, dont l’indépendantiste catalan Junts per Catalunya (JuntsXCat, Ensemble pour la Catalogne) de l’ancien président catalan Carles Puigdemont, qui a déjà fixé plusieurs « lignes rouges ».
Mardi soir, la présidente du parlement espagnol, Francina Armengol (PSOE, S&D), a annoncé la décision du monarque à l’issue d’une série de consultations au cours desquelles Felipe VI a écouté les positions de l’UPN, de la Coalition Canarienne, du parti nationaliste basque PNV, du bloc progressiste Sumar, de Vox, du PSOE et du Partido Popular.
« M. Feijóo conduit tous les citoyens espagnols vers une investiture dont tout le monde sait qu’elle échouera », ont déploré des sources de Sumar.
Si aucun des deux candidats ne parvient à prêter serment en tant que nouveau Premier ministre, l’Espagne organisera probablement de nouvelles élections au début du mois de décembre, quelques jours avant la fin de la présidence espagnole du Conseil de l’UE.