Le Royaume-Uni demande une harmonisation fiscale dans l'UE

Le gouvernement britannique a demandé une meilleure intégration financière dans la zone euro et a réitéré son souhait concernant l'introduction d'euro-obligations. Il s'agit là de la plus importante intervention du Royaume-Uni en matière de politique budgétaire depuis le début de la crise.

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Le gouvernement britannique a demandé une meilleure intégration financière dans la zone euro et a réitéré son souhait concernant l'introduction d'euro-obligations. Il s'agit là de la plus importante intervention du Royaume-Uni en matière de politique budgétaire depuis le début de la crise.

George Osborne, le ministre des finances, a fait ces commentaires pour un article du Daily Telegraph aujourd'hui. Il y a expliqué que le Royaume-Uni devrait encourager une meilleure intégration dans la zone euro sans pour autant en faire partie.

Il a déclaré : « Les pays de la zone euro doivent accepter la logique impitoyable de l'union monétaire qui mène d'une monnaie unique à une meilleure intégration budgétaire. Les solutions telles que les euro-obligations doivent être sérieusement envisagées si l'on veut convaincre les investisseurs que la monnaie à un avenir à long terme ».

M. Rehn proposera l'introduction des euro-obligations en septembre

Après être rentré à Bruxelles vendredi dernier (5 août), le commissaire aux affaires économiques, Olli Rehn, a annoncé qu'il proposerait de nouvelles euro-obligations le mois prochain, espérant ainsi protéger les pays les plus faibles de la zone et atténuer les pressions qu'ils subissent lorsqu'ils doivent lever des fonds pour couvrir leur dette.

Un diplomate de l'UE a affirmé à EURACTIV que même si les déclarations de M. Osborne rappelaient la politique de son gouvernement, elles représentaient également un signal clair que le Royaume-Uni n'est pas opposé à une telle intégration si nécessaire ainsi qu'un encouragement vers l'introduction d'euro-obligations.

Un autre diplomate a déclaré à EURACTIV : « Nous avons tous besoin d'avoir des discussions franches en ce moment et chaque contribution est la bienvenue dans ce contexte ».

Il a expliqué que le ministre avait raison de souligner la nécessité pour la monnaie unique d'être soutenue par une meilleure harmonisation fiscale, affirmant que le Pacte de stabilité et de croissance de la zone euro (la limite des 3 % du PIB pour le déficit, abandonnée depuis longtemps) s'était révélée insuffisante.

L'Allemagne ne veut pas des euro-obligations

Il a cependant ajouté que l'Allemagne restait opposée à l'introduction d'euro-obligations pour le moment. « Berlin n'a visiblement pas changé d'avis », a affirmé le diplomate, avant d'ajouter : « Nous ne pensons pas qu'il s'agisse d'un instrument utile ou précieux pour sortir de la crise ».

Il a également souligné la difficulté à Berlin de promulguer la législation qui serait nécessaire à l'instauration d'euro-obligations. Selon lui, cela nécessiterait une modification des traités de l'UE et ferait l'objet d'un débat houleux au Bundestag qui s'est clairement prononcé contre l'idée de l'introduction de telles obligations.

Le diplomate a déclaré que la mise en œuvre totale du nouveau MES et du FESF aurait un impact plus important que prévu et finirait par calmer les marchés. Il a ajouté qu'il n'excluait pas la possibilité que le Bundestag revoie sa position si cela se révélait nécessaire.