Le Service européen pour l’action extérieure vandalisé lors d’une manifestation contre les restrictions Covid

Le bâtiment du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) à Bruxelles a été vandalisé lors de la manifestation contre les restrictions liées à la Covid-19 qui a réuni des participants de toute l’UE dans la capitale belge, dimanche (23 janvier).

EURACTIV.com avec agences de presse
EEAS screenshot
Des images télévisées montrent des manifestants en train de s’attaquer au bâtiment du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), le 23 janvier 2022 à Bruxelles. [Videograb ]

Le bâtiment du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) à Bruxelles a été vandalisé lors de la manifestation contre les restrictions liées à la Covid-19 qui a réuni des participants de toute l’UE dans la capitale belge, dimanche (23 janvier).

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, a condamné « les dégradations et les violences injustifiées » dans une publication Twitter accompagnée d’une photo le montrant debout devant une vitre brisée dans ce qui semble être l’entrée du SEAE.

La présidence française du Conseil de l’UE a elle aussi condamné cette action.

La police bruxelloise a quant à elle déclaré qu’elle procédait à l’analyse des vidéos afin d’identifier les responsables.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Bruxelles contre les restrictions imposées dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, dimanche (23 janvier), et certains participants ont affronté la police qui a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes près du siège de la Commission européenne pour les disperser.

Selon la police belge, il y aurait eu environ 50 000 participants. D’après certaines informations, cette manifestation aurait réuni des participants de plusieurs pays européens, qui brandissaient des drapeaux nationaux. Le drapeau Antifa a également été aperçu.

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre en outre un manifestant en train de brûler un drapeau européen.

https://twitter.com/baa3465dd891455/status/1485288859860623383

Au départ, la manifestation était pacifique, et les manifestants scandaient et remplissaient les rues, brandissant des pancartes et des ballons sur lesquels on pouvait lire : « Nous voulons être libres à nouveau » ou encore « Pas de “Covid slave ticket” », en référence aux certificats de vaccination exigés pour certaines activités appelés « Covid safe tickets ».

La manifestation a ensuite dégénéré et des manifestants se sont introduits dans le bâtiment du SEAE ainsi que dans une sandwicherie. La police a déclaré que plus de 60 personnes avaient été arrêtées et que trois agents et 12 manifestants avaient été emmenés à l’hôpital.

Selon une participante, la manifestation devait être pacifique, mais un groupe de quelque 300 personnes violentes s’est joint à elle et a provoqué le désordre. La police a déclaré qu’environ 70 personnes avaient été appréhendées, dont une douzaine pour des infractions plus graves, notamment des jets de projectiles et des dommages matériels.

« La liberté d’expression est l’un des fondements de notre société. Chacun est libre d’exprimer son opinion », a indiqué le Premier ministre belge Alexander De Croo dans un communiqué. « Mais notre société ne tolérera jamais la violence aveugle, et encore moins envers nos forces de police. Les personnes impliquées ce dimanche seront poursuivies », a-t-il ajouté.

Le bourgmestre de la ville de Bruxelles, Philippe Close, a déclaré dans une publication sur Twitter que dimanche avait été une « journée difficile ». « Rien ne peut justifier les agressions physiques dont ont été victimes les forces de l’ordre », a-t-il également écrit.

La Belgique avait annoncé un léger assouplissement des mesures de restrictions relatives à la Covid-19 vendredi (21 janvier), et ce malgré un nombre record des cas de contamination. Les autorités belges ont également indiqué qu’un rappel vaccinal cinq mois après la deuxième dose était nécessaire afin de pouvoir conserver le droit d’accès aux bars, aux cinémas ainsi qu’à de nombreux autres lieux publics.

Opposé à la dictature, pas à la vaccination

« Je suis en colère en raison du chantage exercé par le gouvernement », a déclaré la manifestante Caroline van Landuyt, qui est elle-même vaccinée. Elle a expliqué que ses enfants ne voulaient pas être vaccinés mais qu’ils étaient obligés de l’être pour pouvoir voyager et faire du sport.

Les images de dimanche rappellent les confrontations de novembre dernier, lorsque près de 35 000 manifestants étaient descendus dans les rues de Bruxelles et que des violences avaient eu lieu.

Certains manifestants ont tiré des feux d’artifice alors que la police avançait dans un parc. Les agents antiémeute ont utilisé des canons à eau. « Je ne suis pas un antivax, je suis contre la dictature », pouvait-on lire sur une autre pancarte.

La Belgique est à présent confrontée à une cinquième vague de Covid-19 dont le pic ne devrait pas être atteint avant au moins deux semaines.

Quelque 89 % des adultes belges sont entièrement vaccinés et 67 % ont également reçu une dose de rappel.