Le sommet de l’UE suscite la crainte d’une Europe à deux vitesses
Les 27 chefs d’Etat et de gouvernement européens ont trouvé un accord de principe sur le plan de recapitalisation des banques européennes. Une série de réunions des pays non membres de la zone euro a toutefois mis en exergue la crainte que les plans prévus à l’automne sur la création de nouvelles institutions pour gérer la crise de la dette ne divisent les pays en deux camps distincts. LE SOMMET DE L’UE EN DIRECT !
Les 27 chefs d’Etat et de gouvernement européens ont trouvé un accord de principe sur le plan de recapitalisation des banques européennes. Une série de réunions des pays non membres de la zone euro a toutefois mis en exergue la crainte que les plans prévus à l’automne sur la création de nouvelles institutions pour gérer la crise de la dette ne divisent les pays en deux camps distincts. LE SOMMET DE L’UE EN DIRECT !
Deux réunions se sont déroulées en marge du sommet européen. La première réunissait sept pays non membres de la zone euro, sans le Danemark, la Suède et le Royaume-Uni, et la seconde rassemblait des délégués des dix pays non membres de la zone.
Réunions en marge du sommet du Conseil
La première réunion, qui rassemblait principalement des pays d'Europe de l'Est, portait sur des questions relatives à la politique de cohésion. Les participants ont mis l'accent sur la crainte que le paquet de sauvetage de la zone euro puisse impliquer l'utilisation de fonds européens structurels pour recharger les batteries de certaines économies comme la Grèce et l'Italie, sans qu'il n'y ait aucun avantage pour les Etats membres de l'Est.
Certaines sources ont confié à Euractiv que la seconde réunion portait plus spécifiquement sur la proposition d'envisager la possibilité d'une modification du traité, une idée évoquée dans les conclusions du sommet de dimanche (23 octobre).
« Nous partageons les mêmes inquiétudes quant aux conséquences potentielles de la création d'une consolidation budgétaire de la zone euro. Cela pourrait impliquer la création d'un ministère ou la nomination d'un commissaire pour assurer une supervision centralisée de la question de la zone euro ».
Selon cette source, bien que la création d'un tel ministère puisse être nécessaire, « nous devons faire en sorte que cette initiative fonctionne pour les 27 Etats membres, sans empiéter sur les pouvoirs de décision plus larges de l'UE ».
En plus de ces réunions bilatérales préparatoires, le Royaume-Uni s'est par ailleurs entretenu avec la Suède, le Danemark et la République tchèque sur les mêmes sujets que ceux abordés lors de la réunion à dix qui s'est déroulée ce même jour.
Les discussions bilatérales étaient menées par de hauts diplomates, à l'exception des réunions bilatérales qui se sont tenues après le sommet sous l'égide des chefs d'Etat et de gouvernement.
Les pays non membres de la zone eurodéterminés à éviter la création d'un bloc
Une source diplomatique qui a assisté aux deux réunions a affirmé à EURACTIV que les pays non membres de la zone euro s'étaient entendus sur de nombreux points, même si des différences subsistent.
« Nous sommes tous d'avis qu'il faut impérativement éviter la création d'un « bloc » d'Etats européens non membres de la zone euro », a-t-elle ajouté.
Ce diplomate s'est prononcé contre la création de blocs séparés, soulignant que bien que ces Etats craignent que les membres de la zone euro se rassemblent eux-mêmes en un « bloc » distinct servant ses propres intérêts, il serait particulièrement dangereux pour les membres hors de la zone euro de faire de même.
Cependant, la tension était palpable lors du sommet de l'UE, décrit par le premier ministre polonais comme un débat houleux.
M. Cameron a formulé le souhait de voir les pays de la zone euro résoudre la question en suspens du Fonds européen de stabilité financière (FESF) par tous les moyens et de n'écarter aucune solution. Cette déclaration a été interprétée comme un appel à envisager la possibilité d'utiliser la BCE pour exercer un effet de levier sur le FESF.
Les représentants français ont rétorqué que si M. Cameron souhaitait intervenir sur le front du FESF, les Britanniques avaient toujours la possibilité d'y contribuer.