Le taux de chômage dans la zone euro atteint un nouveau record
Le nombre de personnes sans emploi dans la zone euro a atteint un nouveau record en juin. La pression monte pour la Banque centrale européenne qui devra tenter de trouver une solution pour aider les pays surendettés et relancer la croissance lors de sa réunion demain (2 août).
Le nombre de personnes sans emploi dans la zone euro a atteint un nouveau record en juin. La pression monte pour la Banque centrale européenne qui devra tenter de trouver une solution pour aider les pays surendettés et relancer la croissance lors de sa réunion demain (2 août).
Les chiffres publiés par Eurostat hier (31 juillet) ont montré que le taux de chômage dans la zone euro avait grimpé à 11,2 % en juin, contre 11,2 % en mai. Environ 17,8 millions de personnes étaient sans emploi en juin, 123 000 personnes de plus que le mois précédent.
L'Espagne, en pleine crise de la dette, enregistre le taux le plus élevé avec 24,8 %. La Grèce n'est pas loin derrière avec 22,5 %, bien que les derniers chiffres disponibles soient ceux d'avril. De nombreux autres pays de la zone euro, dont la France et l'Italie, affichent également des taux de chômage à deux chiffres.
L'Italie a atteint en juin son plus haut taux de chômage en près de 13 ans avec un taux corrigé des variations saisonnières de 10,8 %, selon l'office national des statistiques situé à Rome, Istat.
Les jeunes sont les plus touchés avec un taux à 34,3 % en juin pour ceux âgés de 15 à 24 ans. En outre, l'économie s'est à nouveau contractée pour le troisième trimestre consécutif. L'Italie vit sa quatrième récession depuis 2001.
L'Allemagne, la plus grande économie d'Europe, reste le meilleur élève avec un taux de chômage qui, selon Eurostat, a encore chuté pour atteindre 5,4 % en juin, contre 5,5 % en mai. Toutefois, des chiffres récemment publiés par l'Agence fédérale allemande pour l'emploi ont révélé que l'économie du pays pourrait également être touchée, dans la mesure où le taux non ajusté a grimpé de 6,6 % en juin à 6,8 % en juillet.
Le taux de chômage du Portugal a été de 15,4 %, celui de l'Irlande de 14,8 % et celui de la France de 10,1 %.
Ces perspectives moroses intensifient les pressions exercées sur la Banque centrale européenne pour qu'elle décide d'intervenir lors de sa réunion demain (2 août).
La semaine dernière, le président de la BCE, Mario Draghi, a déclaré que la banque ferait tout son possible pour sauver l'euro, ce qui redonné espoir aux investisseurs qui souhaiteraient que la banque centrale achète des obligations espagnoles et italiennes pour ramener les coûts d'emprunt sous contrôle.
La BCE ne devrait toutefois pas décider d'agir tout de suite, selon des sources bien informées. Il faudrait d'abord que l'Espagne soumette une demande d'aide, ce que Madrid refuse toujours, que les dirigeants de la zone euro acceptent que leur fonds de sauvetage achète des obligations et que la Cour allemande confirme la légalité du fonds de sauvetage permanent, ce qui est prévu pour le 12 septembre prochain.
Le président de la BCE, Mario Draghi devra avant tout convaincre la puissante banque centrale allemande.
La Bundesbank s'est dite opposée à la reprise du programme d'achat d'obligations, arguant que cela ne ferait qu'alléger la pression des marchés sur les gouvernements surendettés qui se doivent d'appliquer des politiques budgétaires strictes et de mener des réformes économiques.
« Le mécanisme d'achat d'obligations est problématique, car il donne de mauvais incitatifs », a déclaré à Reuters le président de la Bundesbank, Jens Weidmann.
La Bundesbank se refuse en outre d'accorder une licence bancaire au fonds de sauvetage de la zone euro et de le laisser emprunter de l'argent à la banque centrale pour agir sur les marchés obligataires, car cela reviendrait à enfreindre un traité européen qui interdit le financement monétaire des gouvernements.
MM. Draghi et Weidmann auront l'occasion de confronter leurs points de vue lorsqu'ils se rencontreront en amont de la réunion mensuelle du Conseil des gouverneurs jeudi. L'issue de cette lutte entre la BCE et son parent allemand duquel elle s'est inspirée pourrait déterminer l'avenir de l'euro.