L’écologiste Damien Carême rejoint La France insoumise pour les Européennes
L’eurodéputé, qui a quitté Les Écologistes en octobre dernier, rejoint La France insoumise (LFI) pour les élections européennes. Une prise de guerre qui ravit le parti mené par la tête de liste Manon Aubry.
L’eurodéputé, qui a quitté Les Écologistes en octobre dernier, rejoint La France insoumise (LFI) pour les élections européennes. Une prise de guerre qui ravit le parti mené par la tête de liste Manon Aubry.
Prise de guerre remarquable pour La France insoumise. Alors que le parti de gauche radicale vient de dévoiler sa liste complète (excepté les deux dernières positions) pour les élections européennes mercredi (6 mars), l’on retrouve en 8ème position Damien Carême, eurodéputé écologiste du groupe Les verts/ALE.
« Pour la dignité humaine. Pour combattre le sentiment d’urgence face à la porosité des droites et des extrêmes droites en Europe. Pour une unité de la gauche. Je suis candidat aux élections européennes sur la liste de La France insoumise », a-t-il exprimé sur X.
En octobre 2023, l’eurodéputé annonce son retrait du parti écologiste, et par conséquent de leur liste pour les Européennes, sur fond de désaccord idéologique et stratégique. Selon lui, la liste menée par Marie Toussaint est « incompréhensible » et « vouée à l’échec » comme il le partageait à Libération fin octobre.
L’eurodéputé de 63 ans, encarté au Parti socialiste jusqu’en 1992 en raison de son opposition au traité de Maastricht, se reconnaît « davantage dans la volonté de rupture de LFI », en particulier sur les accords de libre-échange qu’il a combattu ardemment au Parlement européen.
« Quelque chose est en train de dévier chez les Verts européens en raison de leur participation à des gouvernements de coalition, comme en Allemagne et en Espagne », a-t-il partagé à Médiapart.
Damien Carême justifie son choix devant la montée en puissance de l’extrême droite, contre qui un rassemblement de la gauche est nécessaire. Il faisait d’ailleurs partie des 14 élus de gauche à plaider pour une liste commune de la Nupes aux élections européennes fin février.
De leur côté, Les Ecologistes sont formels sur ce sujet depuis plusieurs mois : « Quand c’est non, c’est non », avait tranché catégorique la patronne des verts français Marine Tondelier au micro de France Inter en décembre.
Au Parlement européen, M. Carême mène plusieurs combats sociaux avec ses collègues écologistes comme la création d’un impôt progressif sur la fortune dans l’UE, ou encore sur les questions d’immigration en s’opposant au pacte asile et migration de l’UE à l’automne 2023.
Il est également le premier individu, hors ONG ou associations, à porter plainte contre le gouvernement pour inaction climatique en mars 2023, estimant sa ville de Grande-Synthe (Nord) menacée par la montée du niveau de la mer.
Ce mercredi, la tête de liste LFI s’est dite « fière » de l’avoir à ses côtés, « pour défendre le programme de la NUPES et faire front commun face à la menace de l’extrême droite ».
« Alors qu’EELV a choisi de rester isolé, il a fait le choix évident de la victoire avec l’Union Populaire », pour la rupture », a souligné Jean-Luc Mélenchon, leader politique de LFI.
Outre Damien Carême, d’autres recrues ont créé la surprise comme le syndicaliste et inspecteur du travail Anthony Smith (4e position), sanctionné par sa hiérarchie pendant le confinement, ou encore la juriste franco-palestinienne Rima Hassan (7e position), connue pour sa défense de la cause palestinienne.
Aux dernières élections de 2019, la France insoumise avait obtenu 6 sièges au sein du Parlement européen avec un peu plus de 6 % des voix. Un score plus important sera donc nécessaire pour que le numéro huit puisse garder son siège à Strasbourg sous la bannière de la France Insoumise. Selon le dernier sondage IFOP du 4 mars, LFI et les écologistes sont au coude à coude avec 8 % des intentions de vote.
*Clara Bauer-Babef et Paul Messad ont contribué à la rédaction de cet article.