Légère amélioration de l’accès au crédit des PME
Après un resserrement de l’offre de crédit des banques aux petites et moyennes entreprises sur les neufs premiers mois de 2009, la fin de l’année serait marquée par un retour à la normale.
Après un resserrement de l’offre de crédit des banques aux petites et moyennes entreprises sur les neufs premiers mois de 2009, la fin de l’année serait marquée par un retour à la normale.
Les crédits sont en hausse. Une enquête trimestrielle auprès des banques sur l’évolution des critères d’octroi du crédit, réalisée par la Banque de France en janvier 2010, avance qu’il y a eu un « léger desserrement des critères d’octroi au quatrième trimestre 2009 face à une demande de crédit jugée un peu mieux orientée. Pour le 1er trimestre 2010, les banques s’attendent pour la plupart à une stabilisation de la demande et prévoient de maintenir inchangés leur critères d’octroi ».
Les conditions d’accès au crédit pour les PME sembleraient donc s’être améliorées. Mais l’origine de cette amélioration reste incertaine. L’explication pourrait être un assouplissement des conditions d’accès au crédit, ou plus simplement la reprise économique qui rend les entreprises plus demandeuses de prêts. Le directeur du pôle de politique économique et financière de la Chambre du Commerce et de l’Industrie de Paris (CCIP), Jean-Luc Biacabe, estime qu’il est « difficile de faire le partage entre la contraction de la demande et le durcissement de l’offre des banques ».
La CCIP note par ailleurs que, malgré une amélioration, le problème du financement demeure cependant pour les très petites entreprises de moins de dix salariés. Leurs bilans 2009 sont marqués par une forte dégradation, ce qui suscite des craintes de la part des banques, et peut alors donner lieu à des refus de crédit. Or, c’est précisément au moment d’un redémarrage de l’économie qu’elles ont le plus besoin de financement.
L’amélioration du financement des PME ne trouve cependant pas sa source uniquement dans l’assouplissement des octrois de crédit par les banques, mais également dans le crédit interentreprises.
Or l’Observatoire des délais de paiement dans son rapport annuel, présenté en 2009, démontre que la réduction des délais de paiement permise par la loi LME de 2008 a engendré une amélioration de la trésorerie des PME. « Les entreprises des services aux entreprises seraient celles qui bénéficieraient le plus de la mesure, avec des gains de trésorerie de l’ordre de 7 milliards d’euros nets », précise le rapport.
30 milliards à distribuer
En novembre 2008, lors de la mise en place du plan de relance économique européen pour contrer les effets de la crise, la Commission avait fait des PME une priorité. Elles représentent 99% des entreprises européennes, et emploient deux tiers des travailleurs européens. Leur importance pour l’économie est donc considérable.
La Banque européenne d’investissement (BEI) s’est vue attribuée une enveloppe de 30 milliards d’euros à allouer aux PME d’ici 2011. En 2009, près de 11 milliards d’euros ont été attribués, dont 1 milliard pour la France.
Selon Oséo, les effets positifs de l’action européenne ont été flagrants. Cet établissement public, chargé de soutenir l’innovation et la croissance des PME, a fait appel à la BEI. L’organisme estime que le nombre de dossiers de garantie, à Paris, aurait plus que doublé en un an et demi. De nouveaux fonds de financement ont également été ouverts. Oséo indique enfin qu’une grande part des refus de crédit est liée à la faisabilité des projets. La frilosité des banques serait alors une explication plus marginale.
L’impact de l’enveloppe de la BEI sur l’accès au crédit des PME est cependant difficile à établir. La banque estime en outre que les effets de cette politique ne pourront se faire sentir que sur le long terme, les sommes mises à disposition des banques n’étant pas encore pleinement utilisées.
Des chiffres plus précis sur l’utilisation des prêts BEI devraient être dévoilés le 25 février 2010.