L’époque des politiques budgétaires expansives est révolue, selon le ministre allemand des Finances

Un resserrement budgétaire serait nécessaire pour lutter contre l’inflation, a déclaré le ministre des Finances, Christian Lindner, à la suite des récents rapports du Fonds monétaire international (FMI) et de la Commission européenne.

EURACTIV Allemagne
Cabinet meeting at the Chancellery in Berlin
« L’inflation doit être combattue. À cette fin, la politique monétaire et la politique budgétaire du gouvernement doivent travailler main dans la main », a indiqué M. Lindner en réponse aux rapports. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

Un resserrement budgétaire serait nécessaire pour lutter contre l’inflation, a déclaré le ministre des Finances, Christian Lindner, à la suite des récents rapports du Fonds monétaire international (FMI) et de la Commission européenne, qui indiquent que l’Allemagne continuera d’être en proie à une inflation élevée.

Lundi (15 mai), la Commission a publié ses prévisions de printemps, invitant les gouvernements à rester prudents, car l’inflation de base s’est avérée rigide. Le FMI lui a emboîté le pas mardi (16 mai), avec un rapport faisant écho aux commentaires de la Commission sur la question de l’inflation de base en Allemagne, tout en recommandant des politiques budgétaires « modérément rigoureuses ».

« L’inflation doit être combattue. À cette fin, la politique monétaire et la politique budgétaire du gouvernement doivent travailler main dans la main », a indiqué M. Lindner en réponse aux rapports.

« L’époque des politiques budgétaires étendues et expansives touche donc à sa fin. C’est une recommandation importante pour notre politique budgétaire nationale », a-t-il déclaré aux journalistes avant la réunion des ministres des Finances de l’UE à Bruxelles.

M. Lindner a également réitéré son intention de revenir aux contraintes du frein à l’endettement de l’Allemagne, une disposition constitutionnelle qui limite le déficit budgétaire structurel à 0,35 % du PIB. Ce frein avait été suspendu en raison des difficultés économiques liées à la pandémie de Covid-19 et à la guerre en Ukraine.

Toutefois, le rapport du FMI adopte une position plus sceptique à l’égard du frein à l’endettement et préconise d’ajuster les règles pour permettre une plus grande flexibilité en ce qui concerne les besoins de l’Allemagne en matière de dépenses. Le rapport indique que le gouvernement aurait besoin d’une plus grande marge de manœuvre pour les investissements publics, car il sera vraisemblablement confronté à une reprise économique lente.

Selon les projections de la Commission, la croissance du PIB allemand sera l’une des plus faibles de l’UE en 2023, avec 0,2 %.

Le retour au frein à l’endettement fait partie de l’accord de coalition du gouvernement allemand. Néanmoins, la coalition s’est querellée sur les détails, les Verts ayant exprimé leurs inquiétudes quant à l’insuffisance de la marge de manœuvre pour les projets fiscaux.

« Le moment est venu d’adopter des politiques financières intelligentes et prévoyantes et non de s’accrocher à de vieilles règles peu pratiques », a déclaré Rasmus Andresen, eurodéputé vert et membre de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, en réponse au rapport du FMI.