Les arguments en faveur d'une Europe sociale s'affûtent
La Commission européenne va présenter ses propositions en faveur d'une « Union sociale ». Quatre agences européennes appellent à une politique sociale pour sortir de la crise économique.
La Commission européenne va présenter ses propositions en faveur d'une « Union sociale ». Quatre agences européennes appellent à une politique sociale pour sortir de la crise économique.
Plusieurs organisations étaient présentes à l'évènement parlementaire du 26 septembre : le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (Cedefop), la Fondation européenne pour la formation (ETF), la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) et l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA).
Les organisations ont discuté du « modèle social européen », qui est sous pression depuis la crise de 2008. Les participants estiment que les systèmes de protection sociale des États membres et le respect du dialogue social constituaient les piliers d'une économie saine.
Christian Lettmayr, le directeur du Cedefop, a déclaré que les données de son agence soulignaient le besoin d’apprentissages et de formations professionnelles pour soutenir la croissance. « Les entreprises doivent devenir des organisations d'apprentissage », selon lui.
Christa Sedlatschek, la directrice de l'EU-OSHA, a souligné l'importance des normes en matière de santé et de sécurité pour les petites et moyennes entreprises (PME). Ces normes sont primordiales pour une entreprise florissante.
Le directeur général adjoint de la DG Éducation et culture, Xavier Prats Monné, a assuré que « l'Union européenne devait protéger l'intégration sociale et lutter contre la discrimination » afin d'atteindre des taux d'emploi plus élevés et un rythme de croissance minimal.
« Nous devons présenter des arguments économiques en faveur de la solidarité », a-t-il ajouté.
La dimension sociale de la crise
Alors que les ministres européens se préparaient à discuter de la compétitivité industrielle de l’Europe dans le monde au Conseil « compétitivité », l'évènement parlementaire était l'occasion de souligner l'importance du dialogue social et de la prise de décision dans le débat sur la croissance.
Comme l'avait annoncé José Manuel Barroso dans son discours sur l'État de l'Union, l'exécutif européen présentera une communication sur la dimension sociale de l'Union économique et monétaire le 2 octobre.
László Andor, le commissaire en charge de l'emploi, des affaires sociales et de l'intégration, a déclaré: « Nous avons tiré des leçons de la crise. Nous devons créer un modèle socio-économique plus résistant. L'Europe doit réformer son modèle si elle veut sortir de la crise. »
Le commissaire bulgare a précisé que le modèle social était inscrit dans l'ADN de l'Europe en citant l'article 3 du traité sur l'UE qui incite l'Union à promouvoir une cohésion économique « et sociale ».
« Ce ne sont pas de simples objectifs, mais ils doivent être au cœur de la prise de décision politique », a indiqué László Andor.
D'autres participants ont exprimé des avis divergents lors de cet évènement. L'eurodéputé autrichien Heinz Becker (Parti populaire européen) a affirmé que l'UE pourrait mettre la charrue avant les bœufs. « Nous ne sommes pas dans une position pour travailler sur le sujet. Une Union budgétaire et économique doit être clairement définie avant de parler d'Union sociale. »