Les assemblées citoyennes sont positives mais nécessitent un suivi, selon les jeunes

Les exercices participatifs impliquant les jeunes Européens peuvent leur permettre de mieux comprendre les processus démocratiques, mais certains jeunes qui ont pris part à de tels évènements s’inquiètent du fossé intergénérationnel et du manque de suivi qui peuvent limiter leur impact.

Euractiv.com
This article is part of our special report "La parole aux jeunes : la participation politique dans l’UE et au-delà"
CONFERENCE ON THE FUTURE OF EUROPE – POLAND
Rassembler les citoyens peut aider à identifier les problèmes qui touchent une communauté ou une région spécifique. [European Union]

Les exercices participatifs impliquant les jeunes Européens peuvent leur permettre de mieux comprendre les processus démocratiques, mais certains jeunes qui ont pris part à de tels évènements s’inquiètent du fossé intergénérationnel et du manque de suivi qui peuvent limiter leur impact.

Les Européens sont de plus en plus appelés à prendre part aux processus décisionnels au niveau local, national ou européen, afin de peser dans les décisions qui ont un impact sur leur vie et leur communauté.

Le parlement francophone de Bruxelles, par exemple, a introduit une commission délibérative, où 36 citoyens choisis au hasard ont été appelés à discuter avec 12 parlementaires du rôle des citoyens en cas de crise.

Ariane De Backer, une participante de 22 ans, estime que cette expérience lui a permis de mieux comprendre la politique de son pays.

Instaurer la confiance

« Ce processus pourrait être un bon outil pour instaurer davantage de confiance entre les jeunes citoyens et leurs responsables politiques », a-t-elle déclaré lors du festival de la participation citoyenne et de la démocratie délibérative organisé par la Commission européenne en octobre.

Dans le même temps, rassembler les citoyens peut aider à identifier les problèmes qui touchent une communauté ou une région spécifique.

Ilias Qacham, 26 ans, qui a participé à une convention citoyenne en Occitanie, a déclaré que cette expérience l’avait aidé à comprendre les questions qui touchent la région où il vit et la manière dont les responsables politiques travaillent pour résoudre les problèmes.

Selon lui, les exercices participatifs peuvent contribuer à « réconcilier les jeunes avec la politique et à les faire se sentir impliqués ».

Un suivi au niveau politique

Cependant, selon Quentin Madi, 27 ans, membre du comité environnemental de l’assemblée citoyenne de Paris, l’expérience à laquelle il a participé a été un « coup dans l’eau » car « rien ne change ».

Ce sentiment est également partagé par de nombreux participants à la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE), une grande série de débats à l’échelle européenne où les citoyens ont été appelés à proposer des recommandations pour façonner l’avenir de l’UE.

Joy Clara Schäflein, 23 ans, qui a participé à l’un des panels de citoyens, a déclaré que les participants attendent encore que l’UE donne suite aux recommandations présentées en mai.

« C’est aux responsables politiques de poursuivre le processus », a-t-elle affirmé avant d’ajouter qu’elle était « très inquiète » que les institutions européennes et les États membres puissent finalement ne pas prendre en compte ces recommandations.

Un fossé intergénérationnel

Par ailleurs, selon les jeunes citoyens, l’âge des participants à ces initiatives peut affecter les décisions prises lors de l’assemblée.

« À Paris, il y a une différence entre les jeunes et les personnes âgées lorsqu’il s’agit de questions écologiques », a déclaré M. Madi, donnant comme exemple le fait que les jeunes participants veulent plus d’espaces verts, tandis que les citoyens plus âgés soulignent la nécessité d’avoir des places pour les voitures dans les rues.

Selon Mme Schäflein, un problème similaire touche également son pays, l’Allemagne, où les jeunes ont tendance à se sentir ignorés par les plus âgés.

D’autres, cependant, affirment que les échanges intergénérationnels peuvent contribuer à résoudre les problèmes et à favoriser le changement.

Dermot O’Brien du Conseil national de la jeunesse d’Irlande a expliqué à EURACTIV que ce concept avait été « exploré avec les jeunes » et que ces derniers avaient estimé « qu’il y avait une valeur dans cet espace ».

M. O’Brien a également ajouté que différentes générations pouvaient partager les mêmes préoccupations bien qu’avec des perspectives différentes.

« Ils ont reconnu qu’il pourrait y avoir une valeur ajoutée dans ce type de dialogue entre les générations sur des sujets comme le changement climatique ou la façon de voir la diversité et l’inclusion », a-t-il conclu.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]