Les assureurs européens vulnérables aux faibles taux d’intérêt
Si les taux d'intérêt particulièrement faibles persistent, certains assureurs européens pourraient avoir des difficultés à remplir leurs obligations vis-à-vis des assurés dans les années à venir, selon l'Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles.
Si les taux d’intérêt particulièrement faibles persistent, certains assureurs européens pourraient avoir des difficultés à remplir leurs obligations vis-à-vis des assurés dans les années à venir, selon l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles.
« Si les conditions de rendement actuelles, très faibles, persistent, certains assureurs pourraient avoir du mal à tenir leurs promesses vis-à-vis de leurs assurés d’ici 8 à 11 ans », avertit l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (AEAPP).
Durant sept mois, l’organe de surveillance a testé la résistance des barrières de sécurité mises en place autour du capital par les assureurs face à différents scénarios possibles, afin de déterminer s’il existait un danger pour les assurés.
Anonymat
L’étude de l’AEAPP ne cite pas les noms des assureurs, contrairement au rapport de la Banque centrale européenne, suite auquel nombre de personnes avaient retiré leur argent de certaines institutions.
Toutefois, l’AEAPP a précisé qu’environ un assureur sur quatre ne remplissait pas les exigences quant au capital de solvabilité requis (CSR), un seuil réglementaire essentiel, dans son scénario « japonais », selon lequel les taux d’intérêt restent faibles pendant une longue période.
En pratique, les intérêts actuels de la BCE sont nuls, et d’autres mesures d’assouplissement des conditions d’octroi des crédits sont à l’examen.
Un faible rendement sur des obligations d’État ou les obligations sécurisées est mauvais pour le revenu d’investissement des assureurs. Il sera donc de plus en plus difficile pour ceux-ci de tenir leurs promesses vis-à-vis des assurés.
Bonne capitalisation
Le test de base de l’AEAPP montre cependant que le secteur des assurances est bien capitalisé dans l’ensemble. « Malgré tout, 14 % des entreprises, qui représentent 3 % du total des actifs, avaient un ratio de capital de solvabilité requis inférieur à 100 % », souligne toutefois l’organisation.
Selon un communiqué de l’association des assureurs britanniques (ABI), les tests de l’AEAPP montrent qu’en Europe, le secteur est « bien placé […] et prêt à faire face à des situations extrêmes ».
>> Lire : Accord de l’UE sur les organismes de surveillance des banques