Les banques centrales baissent leurs taux, les marchés s’inquiètent
Trois banques centrales ont revu à la baisse leurs taux pour réagir au ralentissement de l’économie. Ces décisions ont provoqué une hausse des taux espagnols et italiens.
Trois banques centrales ont revu à la baisse leurs taux pour réagir au ralentissement de l’économie. Ces décisions ont provoqué une hausse des taux espagnols et italiens.
L’annonce n’a guère surpris les observateurs. Jeudi 5 juillet, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de baisser son principal taux directeur de 1% à 0,75%. Il s’agit de son plus bas niveau depuis l’introduction de l’euro en 1999.
Cette décision s’explique par le ralentissement généralisé de l’économie de la zone euro, et des perspectives d’inflations « modérées », comme l’a souligné le président de la BCE Mario Draghi lors d’une conférence de presse à Francfort.
La BCE a également décidé de baisser son taux de facilité de dépôt de 0,25% à zéro. Dorénavant, les banques qui décident de placer leurs liquidités auprès de la banque centrale ne sont donc plus du tout rémunérées. Cette mesure est censée les pousser à prêter davantage aux entreprises.
Pas de nouvelles mesures non-conventionnelles
Les observateurs qui avaient espéré des nouvelles mesures non-conventionnelles, tel que des opérations de refinancement à trois ans (LTRO) ou des rachats de dette sur les marchés secondaires, ont été déçus de l’issue des délibérations du conseil des gouverneurs de la BCE.
« Nous n’avons pas discuté de mesures non-conventionnelles », a ainsi déclaré M. Draghi avant de justifier ce choix. « Il n’est pas évident que ces mesures puissent être efficaces dans une zone hautement fragmentée », a-t-il expliqué en référence au marché interbancaire sur lequel les banques, méfiantes, ne se prêtent plus entre elles.
Simultanéité troublante
La Banque centrale européenne n’a pas été la seule à réagir face au ralentissement de l’activité économique. Le même jour, la Banque d’Angleterre et la Banque centrale chinoise ont également abaissé leurs taux.
La simultanéité n’a pas rassuré les marchés, qui s’attendaient pourtant depuis des semaines à un soutien de la politique monétaire pour la relance de l’économie européenne et mondiale. Ils craignent en effet que la situation soit plus mauvaise que prévue.
Le rendement des obligations espagnoles à dix ans est passé à 6,78% dans la journée du 5 juillet alors qu’ils était redescendu à 6,2% au lendemain des décisions du Conseil européen des 29 et 30 juin. Ceux de l’Italie ont atteint 5,98% le même jour (+ 0,21 points).
Pas de coordination
Mario Draghi a réfuté tout soupçon d’une action coordonnée entre les trois banques centrales. L’interaction n’aurait pas dépassé les échanges d’informations habituels sur « le climat des affaires, la situation générale de l’économie et la demande globale ».