Les dirigeants de l'UE n'ont pas convaincu les agences de notations
Les investisseurs se préparent à une éventuelle dégradation en chaîne des pays de la zone euro qui pourrait survenir dès cette semaine, après que les dirigeants européens ne sont pas parvenus à convaincre les agences de notation qu'ils avaient pris des mesures décisives pour enrayer la crise de la dette.
Les investisseurs se préparent à une éventuelle dégradation en chaîne des pays de la zone euro qui pourrait survenir dès cette semaine, après que les dirigeants européens ne sont pas parvenus à convaincre les agences de notation qu'ils avaient pris des mesures décisives pour enrayer la crise de la dette.
Moody's Investors Service a déclaré hier (12 décembre) qu'elle comptait revoir la notation des 27 Etats membres de l'Union européenne au premier trimestre de 2012, étant donné que les leaders européens ont proposé « peu de nouvelles mesures » pour enrayer la crise lors du sommet de la semaine dernière.
Fitch Ratings a affirmé que ce sommet, lors duquel les dirigeants ont décidé de rédiger un nouveau traité pour une intégration économique renforcée, n'avait pas fourni de solution « globale » à la crise, accroissant ainsi la pression à court terme sur les notations souveraines dans la zone euro.
L'accord conclu vendredi à Bruxelles entre 26 chefs d'Etat européens pour l'élaboration d'un nouveau traité a donné un bref coup de fouet aux marchés. Mais ça n'a pas duré. Les marchés vont demeurer dans une ambiance fragile et de plus en plus illiquide.
Standard & Poor's avait prévenu avant le sommet des 8 et 9 décembre derniers qu'elle pourrait dégrader les notes de 15 pays de la zone euro, mais elle n'a toujours pas annoncé sa décision.
L'horloge tourne
Plaçant ces pays sous surveillance avec implication négative, ce qui annonce l'éventualité d'une dégradation imminente, S&P a déclaré que les tensions systémiques s'accroissaient alors que les conditions de crédit se resserraient dans la zone euro.
Lundi, l'économiste en chef de S&P, Jean-Michel Six, a affirmé qu'il était urgent que la zone euro résolve ses problèmes de dette.
« Il faudra sans doute un autre choc avant que tout le monde en Europe fasse la même analyse de la situation, par exemple une grande banque allemande ayant des difficultés sur le marché, ce qui est possible à court terme », a déclaré M. Six lors d'une conférence à Tel-Aviv.
L'agence, qui en août a privé les Etats-Unis de leur note AAA, a affirmé qu'elle orienterait sa décision en fonction des dynamiques politiques qui « semblent limiter l'efficacité des efforts consentis pour résoudre la crise de confiance sur les marchés ».
L'appréciation donnée par les agences de notations quant aux résultats du sommet européen n'est pas de bon augure pour la décision de S&P's.
Moody's a déclaré que le sommet n'avait pas modifié ses impressions selon lesquelles la cohésion de la zone euro était de plus en plus menacée.
« Comme nous l'avions annoncé en novembre, à moins que les conditions sur les marchés du crédit ne se stabilisent dans un futur proche, toutes nos notations souveraines dans l'UE devront être révisées », a déclaré l'agence dans un rapport hebdomadaire. « Nous comptons procéder à cette réévaluation complète au premier trimestre 2012. »
Fitch a également déclaré que le sommet n'avait guère apaisé les pressions qui s'exercent sur la dette souveraine de la zone euro, dans la mesure où les dirigeants ont adopté une approche graduelle qui « implique des coûts économiques et financiers supplémentaires par rapport à une solution globale immédiate ».
« Cela signifie que la crise se poursuivra à des niveaux d'intensité variables tout au long de 2012 et probablement au-delà, jusqu'à ce que la région soit en mesure de connaître une reprise économique solide », a expliqué l'agence.
Elle a réaffirmé que, selon elle, la Banque centrale européenne (BCE) était le seul garde-fou crédible contre la crise de liquidités, voire de solvabilité, en Europe.
Ce pare-feu devrait être constitué via l'utilisation du programme existant de la BCE pour l'achat d'obligations souveraines ou indirectement en permettant au Fonds européen de stabilité financière (FESF), ou à son successeur, le mécanisme européen de stabilité (MES), d'accéder à ses bilans, a avancé Fitch dans un communiqué.
Ces deux méthodes sont similaires aux actions de la Réserve fédérale américaine qui est intervenue pour augmenter son bilan afin d'assurer une capacité d'emprunt et de prêt adéquate dans le système bancaire.
Les dirigeants européens ont accepté de prêter jusqu'à 200 milliards d'euros au Fonds monétaire international pour aider les pays en difficulté de la zone euro et d'avancer le passage du FESF au MES en tant que fonds de sauvetage permanent à mi-2012, au lieu de 2013.
« L'espoir que la BCE intensifie ses actions pour soutenir les actionnaires souverains en échange de modifications institutionnelles et juridiques permettant à la BCE d'avoir davantage confiance en l'engagement à long terme des gouvernements de la zone euro envers une discipline budgétaire plus stricte, semble avoir été trop optimiste », a affirmé Fitch.