Les dirigeants européens veulent que les électeurs grecs fassent le bon choix

Lors de leur rencontre à Bruxelles hier soir (23 mai), les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont indirectement appelé les électeurs grecs à soutenir les grands partis politiques en faveur du programme de renflouement de l'UE et du FMI, alors que les rumeurs sur une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro vont bon train.

/ / EURACTIV.fr
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Lors de leur rencontre à Bruxelles hier soir (23 mai), les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont indirectement appelé les électeurs grecs à soutenir les grands partis politiques en faveur du programme de renflouement de l'UE et du FMI, alors que les rumeurs sur une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro vont bon train.

La question de la Grèce a occupé une bonne partie des débats lors du sommet informel, même si le programme officiel était axé sur la croissance, ont confié plusieurs sources à EURACTIV.

Panagiotis Pikrammenos, le premier ministre grec intérimaire, a expliqué aux dirigeants européens que les résultats des dernières élections (voir « Contexte »), avec la montée des partis radicaux, reflétaient l'agonie et les incertitudes de la société grecque.

M. Pikrammenos, un juge qui a été désigné pour diriger le pays jusqu'aux élections du 17 juin prochain, a souligné que la contraction du PIB avait dépassé les 15 % et que le chômage touchait plus de 20 % de la population et 50 % des jeunes.

« Les coûts de l'ajustement ont poussé la population grecque à ses limites et c'est la raison pour laquelle il est urgent de prendre des mesures pour restaurer la confiance et la croissance », a affirmé M. Pikrammenos.

M. Pikrammenos a soutenu une proposition visant à renforcer le financement de la Banque européenne d'investissement (BEI). Il a ajouté que cette institution de l'UE, spécialisée dans le soutien aux régions économiquement faibles, pourrait jouer un rôle important en matière de soutien des PME en Grèce et dans la zone euro au sens large.

Il a réclamé le versement des 6,5 milliards d'euros déjà promis à la Grèce pour que le gouvernement puisse payer ses factures.

Une brève déclaration du Conseil européen, intitulée « Eléments pour les déclarations de la zone euro à la presse au sujet de la Grèce », a confirmé le souhait des dirigeants européens de conserver la Grèce au sein de l'union monétaire, à condition qu'elle respecte ses engagements envers le programme d'austérité de l'UE et du FMI.

Les leaders européens espèrent que le prochain gouvernement grec qui émergera des élections de juin choisira de poursuivre les réformes convenues qui permettront de « mettre la Grèce sur la voie de la croissance et de la création d'emplois ».

« La zone euro a fait preuve d'une solidarité considérable, près de 150 milliards d'euros ayant déjà été déboursés, avec la contribution du FMI, pour soutenir la Grèce depuis 2010 », peut-on encore lire dans le communiqué du Conseil.

Plans d'urgence

Le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a affirmé que les ministres des finances de la zone euro avaient été chargés de préparer des plans de secours nationaux dans l'éventualité où la Grèce quitterait la zone euro après le scrutin de juin prochain.

Il a toutefois laissé entendre que toutes les options restaient possibles. L'« hypothèse de travail » est que la Grèce restera au sein de la zone euro, a-t-il expliqué à la presse à l'issue du sommet.

Le président français, François Hollande, a rejeté ces affirmations, arguant qu'il n'était pas au courant d'une simulation sur une sortie de la Grèce de la zone euro et que son pays ne travaillait pas sur la base de cette hypothèse.

« Que se passerait-il si un nouveau gouvernement formé à l'issue des élections grecques refusait le protocole d'accord et ne respectait pas ses objectifs ? Je pense que l'attitude de la zone euro devrait être de lui demander de strictement respecter ses engagements », a soutenu M. Hollande.

Le ministre belge des affaires étrangères, Steven Vanackere, a quant à lui tenté de dédramatiser la situation.

« Nous devons insister sur les efforts pour échapper au scénario d'une sortie, mais cela ne veut pas dire que nous ne préparons pas à des éventualités. Je pense que beaucoup de pays ont des plans d'urgence pour des choses qu'ils veulent éviter à tout prix, comme des attaques terroristes, et dire que nous n'aurions pas de plan d'urgence serait irresponsable », a-t-il déclaré.

Dans le même temps, l'euro a atteint son plus bas niveau en 22 mois contre le dollar et est resté vulnérable avant de dégringoler encore davantage, alors que la perspective d'une sortie de la Grèce de la zone euro continue de préoccuper les investisseurs, a rapporté Reuters.