Les discussions sur la Transnistrie reprennent sans grands espoirs

Des fonctionnaires de Moldavie et de sa région séparatiste, la Transnistrie, se sont rencontrés hier (30 novembre) à Vilnius, en Lituanie, pour la première fois en six ans, afin de tenter de mettre fin à l'un des conflits les plus complexes d'Europe.

EURACTIV.com
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Des fonctionnaires de Moldavie et de sa région séparatiste, la Transnistrie, se sont rencontrés hier (30 novembre) à Vilnius, en Lituanie, pour la première fois en six ans, afin de tenter de mettre fin à l'un des conflits les plus complexes d'Europe.

Deux jours de discussions étaient prévus sous l'auspice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), actuellement présidée par la Lituanie.

« Il aura fallu six ans pour que les deux parties s'assoient autour d'une table et commencent à discuter de manière officielle. C'est notre plus grand succès aujourd'hui », a déclaré à la presse le ministre lituanien des affaires étrangères, Audronius Ažubalis, après la première session, a rapporté le Kyiv Post.

L'Ukraine, pays limitrophe de la Transnistrie, suit ces discussions avec un grand intérêt.

M. Ažubalis a affirmé que les négociations, auxquelles participent également des envoyés russes, ukrainiens, américains et européens, auraient pour premier objectif d'établir les principes et les procédures pour les futures discussions.

« Nous allons commencer à travailler sérieusement sur la résolution du conflit », a déclaré le vice-premier ministre moldave, Eugen Carpov, devant la presse avant d'entamer les discussions.

Philip Remler, un ancien diplomate américain qui dirige la mission de l'OSCE en Moldavie, a prévenu qu'il était peu probable que des miracles se produisent lors de cette réunion de deux jours.

La Transnistrie, une bande de terre contiguë à la Moldavie, n'est plus sous le contrôle du gouvernement central de Chisinau depuis un bref conflit qui a éclaté après l'effondrement de l'Union soviétique en 1992.

Les autorités moldaves et les représentants de l'UE affirment que la région séparatiste, où habitent environ 550 000 personnes, pour la plupart russophones, est gangrenée par le trafic d'arme, de drogue et d'êtres humains. La Transnistrie n'est reconnue par aucun Etat.

La presse russe a cité le dirigeant de la région, Igor Smirnov, qui a réitéré sa demande à Moscou pour le déploiement de missiles Iskander à moyenne portée sur le territoire. En février 2010, M. Smirnov avait déjà invité Moscou à déployer ses missiles suite au projet roumain d'accueillir sur son sol un bouclier anti-missile américain.

La Russie avait refusé à l'époque. Mais cette fois, M. Smirnov affirme que la Transnistrie est prête à faire ce qu'il faudra pour rester séparée de la Moldavie et devenir une place d'armes pour la défense de la Russie.

Les relations entre la Russie et les Etats-Unis sont tendues depuis que Washington a signé un accord avec la Roumanie pour y installer un bouclier anti-missile. Elles se sont encore détériorées la semaine dernière, après que Moscou a menacé de rompre le nouvel accord START de contrôle des armes nucléaires, conclu avec les Américains.

Lors d'une allocution télévisée le 22 novembre, le président russe, Dmitri Medvedev, a déclaré que des missiles et d'autres armes seraient positionnés à l'est et au sud du pays pour viser les sites américains en Europe.

La Russie pourrait revoir le statut de ses relations avec l'OTAN, y compris sur la question afghane, si l'alliance continue d'ignorer la position de M. Medvedev sur l'établissement du bouclier anti-missile, a déclaré lundi le représentant du pays à l'OTAN, Dmitri Rogozin.