Les prochaines élections européennes réveillent les divisions chez les Républicains
La constitution de listes communes entre La République en Marche et Les Républicains se pose et fait ressortir les divisions sur la question européenne au sein de la droite française.
La constitution de listes communes entre La République en Marche et Les Républicains se pose et fait ressortir les divisions sur la question européenne au sein de la droite française.
Une grande alliance au centre pour les prochaines élections européennes en 2019 ? L’idée d’un rassemblement autour de listes communes entre le parti du président Emmanuel Macron, La République en Marche (LREM) et celui des Républicains a été évoqué par Alain Juppé. Et mis en exergue des clivages au sein des Républicains, où la question européenne ne fait pas l’unanimité.
Selon le quotidien régional Sud-Ouest, l’ancien premier ministre Alain Juppé aurait salué les premiers mois de la présidence d’Emmanuel Macron lors d’une rencontre avec l’Association de la presse diplomatique française.
Selon les propos retranscrits par le quotidien régional, l’ancien candidat à la primaire de la droite souhaite « un grand mouvement central » pour les prochaines élections européennes.
Quant à savoir qui pourrait en prendre les rênes, Alain Juppé évoque Emmanuel Macron. S’il « reste dans la ligne de son discours à la Sorbonne, je ne vois pas d’incompatibilité », précise-t-il. De fait, Alain Juppé a rapidement nuancé ses propos sur Twitter : une liste commune avec Macron aux Européennes n’est pas encore à l’ordre du jour.
Liste commune avec E.Macron aux européennes ? On n'en est pas là, quoi que me prête Le Figaro. Fausse nouvelle, une fois de plus !
— Alain Juppé (@alainjuppe) November 12, 2017
L’ouverture évoquée par Alain Juppé en vue des élections européennes a été reprise par le Premier ministre Édouard Philippe. « J’entends chez Alain Juppé comme chez beaucoup d’autres d’ailleurs une proximité évidente avec ce que dit le président de la République », a-t-il souligné. « Peut-être faudra-t-il en tirer les conséquences sur le plan politique, mais comme le dit Alain Juppé, on n’en est pas là », a-t-il conclu.
Chez les Républicains, où un nouveau président doit être élu le 10 décembre, la question du rapprochement avec Emmanuel Macron a immédiatement été dénoncée par le grand favori de l’élection interne du parti de droite, Laurent Wauqiuez.
Fin de non-recevoir
« Je pense que cette proposition est une erreur », a-t-il déclaré dans l’émission Dimanche en politique sur France 3. « Nous ne partageons pas la même vision de l’Europe qu’Emmanuel Macron »
Emmanuel Macron propose que l’Europe s’étende aux pays des Balkans. Mais c’est justement cette stratégie d’élargissement qui a tué l’Europe. #DimPol
— Laurent Wauquiez (@laurentwauquiez) November 12, 2017
L’ancien ministre des Affaires européennes de Nicolas Sarkozy adopte une position eurosceptique depuis plusieurs années. En 2011, il a publié un livre intitulé « Europe, il faut tout changer » aux éditions Odile Jacob, qui liste des propositions largement défendues par les partis anti-européens, telles que la sortie des accords de Schengen, la suppression de la Commission européenne ou encore le recentrage de l’Union européenne à quelques membres, d’Europe de l’Ouest (France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie et Espagne).
Au Parlement européen, le débat a également provoqué les foudres de Franck Proust, président de la délégation française du Groupe PPE au Parlement européen. « Le projet d’Emmanuel Macron pour l’Europe est le fruit de nombreuses propositions irréalistes, à l’image de la création d’un budget et d’un Parlement de la zone euro. Aussi, les listes européennes transnationales qu’il souhaite voir émerger ne feraient qu’éloigner, encore et toujours, l’Europe des citoyens » a-t-il rappelé.
Si la question européenne divise depuis longtemps le parti Les Républicains, le clivage pourrait se durcir à l’approche des élections de 2019. Depuis les élections présidentielles et législatives, un certain nombre de personnalités de la droite ont rallié LREM, à l’image du ministre de l’Économie Bruno Lemaire, ou du moins décidé de collaborer avec la majorité présidentielle.
Le 31 octobre, le bureau politique des Républicains a d’ailleurs radié plusieurs personnalités politiques « pro-Macron », comme Gérald Darmanin, le ministre des comptes publics et Sébastien Lecornu, secrétaire d’État pour la transition écologique et solidaire.